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Sélection, prérequis: les options pour la prochaine rentrée universitaire

Un cours magistral à l'université de Rouen Normandie à Mont-Saint-Aignan le 11 octobre 2017 (photo d'illustration)

Un cours magistral à l'université de Rouen Normandie à Mont-Saint-Aignan le 11 octobre 2017 (photo d'illustration) - Charly Triballeau-AFP

Les propositions quant aux nouvelles modalités d'accès à l'université ont été remises ce jeudi. Accès libre à l'université sans avis ni recommandation, accès avec avis et recommandation, accès sous condition ou sélectif, les négociations promettent d'être vives.

Après les problèmes d'affectation lors de la rentrée de septembre, le tirage au sort dans certaines filières et les classes surchargées, l'heure est à la réforme de l'université. Les principaux acteurs de l'enseignement supérieur ont remis ce jeudi la synthèse de leurs propositions sur de nouvelles modalités d'accès à l'université.

"Ce rapport général n'a pas vocation à trancher l'ensemble des questions et proposer une solution 'clé en main'. Il est là pour dresser un état des lieux (...) et tracer des pistes de solutions", a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur. "Certaines seront consensuelles, je m'appuierai sur elles. D'autres ne seront pas partagées par tous. Nous aurons donc à approfondir et à trancher", a ajouté Frédérique Vidal.

La synthèse des groupes de travail -les concertations ont réuni syndicats enseignants et étudiants, présidents d'université, recteurs et fédérations de parents d'élèves- réunis depuis juillet, relève que "les discussions autour des notions de prérequis ou d'attendus ont été vives et au centre des débats". Pour certains participants, des prérequis coercitifs sont ressentis "comme une privation du droit absolu à poursuivre des études supérieures librement. Pour d'autres, elle est indispensable pour rendre le système d'affectation plus juste et au service de la réussite étudiante", note le rapport présenté par Daniel Filâtre, recteur de l'académie de Versailles.

Avis, recommandation, condition ou sélection

Quatre options ont été discutées: accès libre à l'université sans avis ni recommandation, accès libre avec avis et recommandations, accès sous condition, accès sélectif. Lors d'une conférence de presse, le rapporteur a insisté sur "la prise en compte du profil du lycéen" dans l'orientation.

À la sortie de la réunion plénière de jeudi, les participants se disaient plutôt satisfaits du contenu de la synthèse. Hervé Christofol, du Snesup-FSU, syndicat des enseignants du supérieur, s'est dit "agréablement surpris par la sincérité du rapport", qui "ne gomme pas les dissensions". Le document est "assez représentatif de nos discussions mais il n'enlève aucune de nos inquiétudes", a déclaré Lilâ Le Bas, présidente de l'Unef, un des deux principaux syndicats étudiants. Snesup et Unef sont opposés à toute forme de conditions à remplir par un bachelier pour qu'il puisse intégrer la licence de son choix.

La Fage, premier syndicat étudiants, "s'opposera à tout ce qui est sélection" et veut "permettre à l'étudiant de faire son choix en toute connaissance de cause", a indiqué Orlane François, vice-présidente. 

Réponse en novembre

La Conférence des présidents d'université (CPU) "s'attendait à de l'eau tiède". Mais le rapport présente "au final une vraie dynamique", s'est félicité François Germinet, président de l'université de Cergy-Pontoise.

"On a rappelé qu'on était contre une sélection qui exclut de l'université" mais il faut "proposer un panel de formations plus large" que la licence générale.

Les étudiants qui n'ont pas les prérequis doivent bénéficier d'"une formation tremplin pour acquérir ces prérequis, ou une formation professionnelle, ou une entrée dans la vie professionnelle avec un accompagnement via une formation tout au long de la vie", a-t-il estimé. "On peut entrer dans la vie active juste après le bac et être suivi par l'université et valider des modules."

Peu après son arrivée au ministère, Frédérique Vidal a lancé ce vaste chantier pour mettre fin au tirage au sort à l'entrée des filières universitaires les plus demandées -qui avait atteint un niveau inédit cette année en raison notamment de la hausse démographique- et tenter de réduire le taux d'échec en première année, de l'ordre de 60%. Aujourd'hui, seuls 28% des étudiants obtiennent leur licence en trois ans. La plateforme d'admission post-bac (APB) a par ailleurs concentré toutes les critiques sur les manquements structurels des modalités d'entrée à l'université.

Les véritables négociations vont désormais commencer, avant que la ministre, Frédérique Vidal, ne tranche début novembre.

C.H.A. avec AFP