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L'université de Cambridge envisage d'abandonner les examens écrits à la main sur papier

Vue du campus de l'université de Cambridge, au Royaume-Uni, le 23 juin 2008.

Vue du campus de l'université de Cambridge, au Royaume-Uni, le 23 juin 2008. - Shaun Curry - AFP

La prestigieuse université britannique mène actuellement une consultation auprès de ses étudiants pour savoir s’ils seraient prêts à passer leurs examens sur ordinateur ou sur tablette, et non plus sur papier.

Les étudiants de Cambridge passeront-ils bientôt leurs examens sur leur ordinateur? L’université a lancé un sondage en ligne pour savoir si ses élèves seraient prêts à passer un examen sur ordinateur ou iPad plutôt que sur papier, et si cette décision aurait un "impact positif significatif" sur leur "bien-être".

Les professeurs et chargés de travaux dirigés de cette prestigieuse université se plaignent en effet de l’écriture devenue illisible de leurs étudiants, selon le Telegraph qui rapporte l’histoire.

"Nous nous soucions depuis des années du déclin de l’écriture manuscrite", explique Sarah Pearsall, professeure d’histoire à Cambridge, au quotidien britannique. "Assurément, cela ne va pas en s’arrangeant. C'est difficile à la fois pour les étudiants et pour les examinateurs, étant donné qu’il devient de plus en plus compliqué de lire les copies".

Cette professeure, qui a déjà mené plus tôt cette année un projet-pilote similaire dans les départements d’histoire et de lettres classiques, assure que de plus en plus d’étudiants doivent revenir l’été pour lire leurs réponses à haute voix aux examinateurs tant leur écriture est illisible.

Lors de ce projet-pilote, environ 60% des étudiants avaient tout de même préféré s’en tenir au papier, mais la conclusion de l'expérience suggérait "une extension à d’autres matières et d’autres départements en 2017-2018".

Une transition "inévitable"

Pour Sarah Pearsall, c’est une démarche "extraordinairement louable" de la part de l’université que de se pencher sur la refonte de ses modalités d’examens.

Si l’initiative est critiquée par certains, qui craignent entre autres un abandon total de l’écriture manuscrite à terme et une moins bonne mémorisation chez les étudiants, la transition est "inévitable" pour Sir Anthony Seldon, président de l’université de Buckingham.

"Certains de nos écrivains anglais les plus prestigieux écrivent avec des ordinateurs, et je pense que nous devons nous battre pour préserver ce qui est important: c’est-à-dire l’emploi d’un anglais de qualité, avec une excellente structure grammaticale", estime-t-il dans le Telegraph, ajoutant que l’écriture manuscrite n’est pour lui "pas nécessaire pour faire preuve d'une pensée de qualité, un anglais de qualité, ou une intelligence de qualité."

Liv Audigane