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Ce que prévoit la réforme du bac annoncée par Edouard Philippe

Edouard Philippe lors de son discours de politique générale.

Edouard Philippe lors de son discours de politique générale. - Capture BFMTV

Le Premier ministre a évoqué pour l'horizon 2021 un baccalauréat avec moins d'épreuves et une partie validée par contrôle continu. Il a aussi lancé l'idée de diplômes de qualification accessibles dès Bac+1.

C'est un serpent de mer de l'éducation. Lors de son discours de politique générale, Edouard Philippe s'est engagé ce mardi à réformer le baccalauréat. Conformément aux promesses de campagne d'Emmanuel Macron, il a évoqué une refondation profonde de l'examen qui marque la fin du lycée. Ne s'attardant que quelques instants sur l'école et le collège, sur lesquels des mesures ont déjà été annoncées par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education, le Premier ministre a surtout évoqué ses projets pour le bac et l'une de ses suites logiques: l'université.

"Nous dépensons bien plus que les autres pays pour le lycée, notamment parce que notre système est rigide et conçu autour du baccalauréat; mais nous conduisons 60% - 60% ! - de bacheliers à l’échec en licence!", s'est indigné le Premier ministre. 
"Scandale absolu: des bacheliers, y compris parmi les plus méritants, se retrouvent exclus par tirage au sort des filières universitaires qu’ils ont choisies! Où est l’égalité? Où est le mérite? Où est la République?", a-t-il poursuivi. 

Une concertation puis le lancement de la réforme en 2018

Concernant le bac, il a plaidé pour un examen comportant moins d'épreuves, et validé en partie par contrôle continu. Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait évoqué 4 épreuves, mais Edouard Philippe n'a pas précisé de chiffre précis. Il a en revanché détaillé le calendrier: la réforme devrait être lancée dès 2018, pour aboutir en 2021. 

Le Premier ministre a précisé qu'une concertation serait lancée en amont de cette réforme. 

"Une concertation sera lancée dès la rentrée prochaine, pour resserrer les épreuves finales autour d’un plus petit nombre de matières et définir ce qui relève du contrôle continu. Nous aboutirons avant septembre 2018, pour une mise en oeuvre complète de cette réforme pour le bac 2021", a-t-il expliqué. 

Des "contrats de réussite" à l'entrée à la fac

Edouard Philippe a ensuite présenté quelques pistes concernant plus particulièrement la filière professionnelle. Il a plaidé pour un resserrement des liens entre lycée professionnel et monde de l'entreprise, évoquant aussi l'idée de diplômes qualifiants accessibles dès le niveau bac+1. 

Concernant l'université, il a proposé la mise en place de "contrats de réussite étudiante" qui indiqueraient les pré-requis "pour réussir" dans chaque filière, et ce dès la rentrée 2018. Il a également défendu l'idée de faciliter le retour à l'université au cours de la vie professionnelle. 

"Chaque année, ce sont 40.000 étudiants supplémentaires qu'il nous faudra accueillir. Mais nous n'avons pas le droit d'orienter des générations entières dans des formations inadaptées et sans débouchés", a-t-il affirmé. 

En raison d'une hausse démographique notamment, le nombre d'étudiants s'inscrivant à l'université augmente depuis trois ans de 35.000 à 40.000 chaque année, indique l'AFP. Au bout du compte, seuls 40% des étudiants arrivent à valider en trois ou quatre ans une licence qui dure normalement trois ans. 

Charlie Vandekerkhove