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Études supérieures: Édouard Philippe présente Parcoursup, visé par des critiques

Le Premier ministre, Édouard Philippe, le 12 janvier 2018

Le Premier ministre, Édouard Philippe, le 12 janvier 2018 - Stéphane de Sakutin-AFP

Édouard Philippe a présenté ce lundi Parcoursup, la nouvelle plateforme d'admission post-bac. Certains dénoncent une forme de sélection, d'autres estiment que ce système d'affectation a des failles.

La nouvelle plateforme d'inscription pour les études post-bac, Parcoursup, a été lancée ce lundi par le gouvernement sans totalement apaiser les craintes d'une "sélection déguisée" à l'université qui pourrait, de nouveau, laisser de nombreux jeunes sur le carreau.

"Notre objectif n'est pas de dissuader de s'inscrire dans l'enseignement supérieur, mais de faire en sorte que chaque lycéen qui s'inscrit réussisse", a expliqué le Premier ministre accompagné du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et de la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, pour le lancement de la plateforme au lycée Buffon à Paris.

"Que chacun ait une affectation"

Les futurs bacheliers peuvent se familiariser avec le nouvel outil mais ils ne pourront s'inscrire et commencer à rentrer leurs vœux qu'à partir du 22 janvier et jusqu'au 13 mars. Parmi les principales nouveautés par rapport à l'ancien système, le très critiqué APB: un maximum de 10 vœux (contre 24 l'an dernier), et pas de classement. Les réponses des établissements tomberont au fil de l'eau, à partir du 22 mai.

Mais surtout, le candidat va devoir répondre aux "attendus" des universités, compétences et connaissances requises pour suivre une filière donnée. S'il ne remplit pas les attendus, le candidat devra suivre un parcours d'accompagnement sous peine d'être refusé. Ce dispositif, compris dans la loi sur les nouvelles règles d'accès à l'université, vise à réduire le taux d'échec en première année, de l'ordre de 60%, et éliminer le tirage au sort mis en place par le système APB lorsqu'une filière libre d'accès comptait plus de candidats que de places. 

"Personne ne doit être laissé sur le bord du chemin et la tâche est immense, car les résultats ne sont pas bons", a déclaré Édouard Philippe. "Les recteurs auront l'obligation de veiller à ce que chacun ait une affectation", a-t-il insisté.

"Les prérequis, c'est de la sélection"

Des critiques ont été rapidement formulées. "Les prérequis, c'est de la sélection (...) à l'entrée", a pour sa part estimé l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Benoît Hamon. Ce nouveau fonctionnement "décourage" et "ferme les portes de l'université" aux étudiants issus des filières professionnelles et technologiques, a-t-il jugé.

Un avis partagé par Hervé Christofol, secrétaire général du syndicat Snesup-FSU. Avec la suppression du classement des vœux, "huit millions de vœux vont être étudiés d'un coup, pour 640.000 places: on met en tension toutes les formations, donc on généralise la sélection".

Des places supplémentaires "sous-financées"

Les universités proposeront 22.000 places supplémentaires (toutes filières confondues) à la rentrée 2018, qui s'ajouteront aux 130.000 places non pourvues l'an dernier en fin de procédure APB, faute d'adéquation entre les vœux des candidats et l'offre dans l'enseignement supérieur. Dans l'entourage du ministère, on précise prévoir 3.000 créations de places en BTS, le reste majoritairement dans les filières en tension, où la demande excède l'offre, comme en Staps. 

Insuffisant, selon Hervé Christofol. "Les 22.000 places, personne ne les a vues encore, et elles sont sous-financées." Par rapport à 2017, le ministère estime à environ 28.000 le nombre de néo-bacheliers supplémentaires désirant entamer des études.

C.H.A. avec AFP