BFMTV

Ecole, masques, transports: les modalités du déconfinement se précisent

Une femme portant un masque à Paris, le 19 avril 2020, en pleine épidémie de coronavirus.

Une femme portant un masque à Paris, le 19 avril 2020, en pleine épidémie de coronavirus. - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le Premier ministre doit présenter mardi prochain un plan détaillé pour le déconfinement progressif de la population. En attendant, quelques pistes se dessinent déjà pour l'après-11 mai.

Le 11 mai est dans toutes les têtes. C’est la date qui sonnera le début d'un déconfinement “progressif”, a annoncé Emmanuel Macron lundi 13 avril. Mais depuis l’allocution télévisée du président de la République, les modalités de ce déconfinement sont restées floues. Édouard Philippe doit présenter un plan détaillé à l’Assemblée nationale, ce mardi, avec un vote à la clef. En attendant, que sait-on à ce jour sur l’après-11 mai ?

  • Les premiers élèves en classe le 12 mai

Sur le point qui inquiète le plus, la réouverture des écoles, Jean-Michel Blanquer a annoncé, samedi, aux maires des grandes villes de France que la rentrée se ferait le 11 mai pour les enseignants et enseignantes, et à partir du 12 mai pour les élèves. Les écoliers de grande section, CP et CM2 seront les premiers à reprendre, "l'ensemble des classes pourraient rentrer" le 25 mai. Le gouvernement assure qu'il n'y aura jamais plus de 15 élèves par classe. Ce retour à l'école pourrait d'ailleurs se faire sur la base du volontariat

Le conseil scientifique était pourtant d’avis de laisser les établissements scolaires fermés jusqu’en septembre, pour éviter tout risque de propagation, a-t-il laissé savoir dans une note datée du lundi 20 avril. Prenant acte de la décision du gouvernement, il donne cependant quelques recommandations, alignées sur celles de l’Académie de médecine, dans un avis publié ce samedi. 

Il recommande notamment de prendre la température des enfants chaque jour, avant même l'entrée dans l'établissement, d'instaurer une session d'information pratique, le jour de la rentrée, sur la distanciation sociale, les mesures barrières et l'hygiène des mains, ou encore de rendre obligatoire le port du masque pour les collégiens et lycéens. Quant au personnel éducatif, "des masques grand public fournis par l’Education nationale" seront mis à sa disposition, a déjà annoncé le ministre de l'Éducation nationale. 

Le conseil scientifique recommande également de mettre en place des mesures pour éviter au maximum "le brassage des élèves", pour éviter "la fermeture de tout un établissement en cas de découverte d'un cas positif". Dans l'idéal, les écoliers ne devraient être en contact qu'avec les enfants de leur classe, y compris à l'heure du déjeuner, où ils pourraient manger à leur table. 

  • 500.000 à 700.000 tests par semaine

Pour le reste de la population, l'objectif du gouvernement est toujours de multiplier les tests à partir du 11 mai. En déplacement ce samedi en Seine-Saint-Denis, le ministre de la Santé a rappelé l'objectif de réaliser "500.000 à 700.000 tests par semaine à partir de la levée progressive du confinement". 

Malgré cette volonté de s'appuyer sur les tests pour réussir le déconfinement, le ministre de la Santé s'est prononcé contre une campagne de tests massive de la population française. "Tester 60 millions de Français tous les jours, c'est impossible", a-t-il affirmé. La priorité sera donc donnée aux patients symptomatiques, après l'avis d'un médecin. 

La possibilité d'un "passeport immunitaire", elle, semble s'évanouir. L'idée était de laisser circuler librement les personnes déjà touchées par le coronavirus, et donc en théorie immunisées après avoir développé des anti-corps. Mais, ce samedi, l'Organisation mondiale de la Santé a mis en garde contre une telle politique. L'OMS assure qu'il n'y a, à ce jour, "aucune preuve" que les personnes guéries sont immunisées

  • 56% des Français pourraient utiliser "Stop Covid"

Toujours dans le but d'éviter une reprise de l'épidémie, le gouvernement propose d'utiliser une application de tracking. Baptisée "StopCovid", celle-ci doit permettre, grâce à la fonction Bluetooth, d'avertir ses utilisateurs lorsqu'ils ont été en contact avec une personne diagnostiquée "positif" au coronavirus. 

Son utilisation se fera sur la base du volontariat, mais 56% des Français accepteraient d’utiliser "une application mobile qui de façon anonyme fournirait des informations sur leurs déplacements et leurs contacts, pour prévenir, tester et traiter les personnes potentiellement exposées", d'après l'enquête hebdomadaire réalisée par Ipsos auprès de 5000 personnes et publiée ce samedi.

  • La réouverture des commerces incertaine

Mais d'autres aspects de l'après-11 mai restent flous, la réouverture des commerces notamment. À partir du 11 mai, ils pourraient être autorisés à rouvrir leurs portes, à condition d'avoir mis en place des mesures pour protéger clients et personnel. 

"On est fermement décidés à ouvrir", a déclaré ce samedi le président de la Confédération des commerçants de France, Francis Palombi, ajoutant que les commerçants sont "parfois très inquiets" de savoir "dans quelles conditions" cela se fera. "Le gouvernement n'apporte pas toujours des réponses concrètes, immédiates", a-t-il regretté.
  • Le télétravail privilégié

Pour les salariés, le télétravail doit rester la règle, autant que possible. "Il va falloir faire en sorte que le télétravail se poursuive", avait déclaré Édouard Philippe lors du point presse du 19 avril. Lorsque le travail à distance est infaisable, l'entreprise doit garantir la sécurité de ses salariés, par exemple en aménageant l'espace de travail pour respecter la distanciation sociale. Bercy précise que des cahiers des charges sont mis à disposition des entreprises pour que la reprise se fasse dans les meilleures conditions possibles. 

  • Quels voyages possibles?

De même, la question des voyages entre les différentes régions est encore en suspens. L'hypothèse, un temps envisagée par l'exécutif, d'interdire les déplacements entre régions pourrait être abandonnée. Mais "Il faudra limiter les déplacements entre les régions après le 11 mai, c'est une évidence", confiait un conseiller ministériel à BFMTV, il y a quelques jours. 

Dans son avis rendu ce samedi, le conseil scientifique propose que les déplacements entre régions soient possibles, si les gestes barrière sont bien respectés. Mais "la survenue d'un foyer épidémique régional peut amener à une reprise des règles de confinement à l'échelle locale et à la suspension des transports inter-régionaux" note-t-il également.

Pour les vacances, les voyages à l'étranger, eux, sont a priori compromis. Il n'est pas "raisonnable d'imaginer voyager loin à l'étranger très vite", avait rappelé le Premier ministre, dimanche 19 avril. Lors d'une visioconférence avec les partenaires sociaux, quelques jours plus tôt, Emmanuel Macron avait même évoqué la fermeture des frontières de l'espace Schengen jusqu'en septembre

  • Quid du port du masque? 

Sur le port du masque enfin, Édouard Philippe juge "probable" une obligation dans les transports publics. Des masques devraient d'ailleurs être distribués gratuitement sur tout le réseau parisien. Pour les autres espaces publics, dans la rue par exemple, le gouvernement penche plutôt pour une recommandation, sans aucune obligation. L'Académie de médecine demande pourtant que tout le monde porte un masque dans l'espace public, sans attendre le 11 mai. 

Camille Sarazin