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Décollage reporté à vendredi pour Thomas Pesquet: pourquoi la météo est si cruciale pour la mission

Prévu ce jeudi, le vol habité de SpaceX dans lequel se trouvera l'astronaute français doit finalement partir vendredi. En cause: les conditions météorologiques défavorables sur la trajectoire de la capsule.

J-1 avant le lancement, sauf nouveau caprice de la météo. Les conditions météorologiques ont repoussé à vendredi - au moins - le décollage de la fusée de SpaceX, censé initialement partir ce jeudi depuis le centre spatial Kennedy en Floride avec à son bord l'astronaute français Thomas Pesquet.

Dans un communiqué publié par la Nasa, l'agence spatiale américaine dit prévoir "une probabilité de 90% de conditions météorologiques favorables", le vent restant "la principale préoccupation météorologique" pour le décollage de l'appareil.

"Il y avait une alerte déjà hier sur le fait que SpaceX puisse décaler pour des raisons de sécurité. Et surtout (en raison de) la météo en altitude et pas seulement au sol", précise pour BFMTV Gilles Dawidowicz.

Le secrétaire général de la société astronomique de France évoque en effet les risques potentiels sur la trajectoire de la fusée Falcon 9, qui doit permettre à Thomas Pesquet de gagner la Station spatiale internationale: "S'il fait beau sur le pas de tir mais qu'à quelques centaines de kilomètres il y a sur une trajectoire d'échappement une tempête, eh bien ça serait très compliqué que la foudre ne tombe pas sur la fusée pendant sa montée dans l'atmosphère."

Anticiper le pire scénario

La météo de la trajectoire initiale n'est pas la seule à être suivie de près par l'agence spatiale américaine, celle-ci doit également anticiper le pire des scénarii pour la mission. "Pour les vols habités, nous devons nous assurer que les conditions météorologiques permettent une éventuelle opération de sauvetage de l'équipe" lors du décollage, a expliqué mercredi aux journalistes Steve Jurczyk, administrateur de la Nasa par intérim.

"Il faut aussi regarder la météo un peu plus loin dans l'océan si l'équipage devait amerrir avant d'aller en orbite il faut être capable de les récupérer dans des conditions également sûres", détaille pour BFMTV Rémi Canton, chef de projet de la mission "Alpha" du Cnes (Centre national d'études spatiales).

Les sites d'atterrissage ou d'amerrissage d'urgence doivent en effet être bien dégagés pour permettre de récupérer les astronautes. Le vent ne doit donc pas être trop fort et les éventuelles vagues trop nombreuses.

Un lancement à ne pas rater pour la Nasa et SpaceX

Pour Rémi Canton, ce report de quelques heures témoigne de l'importance qu'accordent la Nasa et SpaceX à la sécurité des astronautes de la capsule Crew Dragon.

Le report du lancement d'un vol habité vers l'espace est cependant loin d'être une première dans l'histoire spatiale: le lancement historique du premier vol habité de SpaceX et la Nasa était survenu trois jours après la date initialement prévue.

Reste qu'il s'agit ici de la deuxième mission de SpaceX vers la Station spatiale internationale depuis la reprise des vols des États-Unis, et la première avec un Européen à bord. Des vies humaines étant là encore en jeu, la manœuvre se doit donc d'être parfaitement maîtrisée, question d'image aussi.

Prochaine fenêtre de tir prévue lundi en cas de report

Malgré l'optimisme de l'agence spatiale américaine sur cette nouvelle date, rien n'est toutefois acté pour la journée de vendredi puisque les conditions météorologiques peuvent là encore évoluer. Si le lancement est à nouveau reporté, la prochaine fenêtre de tir ne devrait avoir lieu que lundi prochain et ce, pour des raisons de sécurité.

"Pour les réservoirs, on ne peut pas laisser la fusée trop longtemps remplie, il faut la purger et la re-remplir", explique sur notre antenne Rémi Canton.

Celui qui a pu s'entretenir il y a quelques jours avec Thomas Pesquet confie que ce dernier attend "sereinement" son tour et profite du temps disponible pour se ressourcer et faire du sport: "C'est compliqué mais cela fait partie des qualités requises d'un astronaute, la patience c'est d'ailleurs ce que lui avait conseillé Buzz Aldrin lorsqu'il l'avait rencontré. Il met ses conseils en action".

Hugues Garnier Journaliste BFMTV