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Un couvre-feu mais pas de reconfinement: la France, une exception en Europe?

La carte des restrictions imposées en Europe, au 14 janvier 2021.

La carte des restrictions imposées en Europe, au 14 janvier 2021. - BFMTV

En privilégiant le durcissement du couvre-feu sur l'ensemble de son territoire, la France se distingue de ses voisins, dont la quasi totalité s'est vue contrainte de se reconfiner avant ou après les fêtes de fin d'année.

Avec la stratégie du gouvernement contre le Covid-19, la France se distingue, pour l'heure, de ses voisins. Sans écarter un reconfinement en cas de "dégradation épidémique forte", le Premier ministre Jean Castex a annoncé ce jeudi la généralisation du couvre-feu à 18 heures sur l'ensemble du territoire

Une mesure certes contraignante, mais qui détonne par rapport au reconfinement imposé dans plusieurs pays d'Europe de l'Ouest.

• Le Royaume-Uni dans la tourmente

Les Britanniques ont été les premiers à devoir subir ce sort, principalement à cause de l'apparition chez eux d'un variant réputé plus contagieux du Covid-19. Le sud du pays, dont la capitale Londres, a d'abord été soumis à un nouveau confinement à partir du 20 décembre. Le Pays de Galles n'a pas tardé à en faire de même, tout comme l'Irlande du Nord, qui a reconfiné sa population après Noël.

L'Écosse puis l'Angleterre ont toutes deux fini par annoncer un reconfinement strict les 4 et 5 janvier. L'interruption d'un répit finalement très bref, le Royaume-Uni ayant levé son précédent confinement le 2 décembre.

• L'Allemagne prolonge les restrictions

Longtemps résiliente face à l'épidémie, l'Allemagne a vu les choses se précipiter pour elle en amont des fêtes de fin d'année. Craignant une propagation exacerbée du virus, la chancelière Angela Merkel a annoncé le 13 décembre un durcissement des mesures de restriction en vigueur dans son pays. Déjà en confinement "léger" à ce stade, les Allemands ont vu leur liberté de circulation être drastiquement réduite.

Le 5 janvier, le gouvernement a annoncé une prolongation de ces mesures jusqu'à la fin du mois. Les bars, restaurants, salles de sport et les institutions culturelles restent donc fermés, tout comme les commerces non essentiels et les écoles qui n'ont pas rouvert depuis la fin des vacances de Noël.

Le confinement est assorti d'une limitation des déplacements à un rayon de 15 kilomètres autour du domicile dans les régions où le taux d'incidence est supérieur à 200 cas pour 100 000 habitants.

• Les Irlandais limités à leur "bulle sociale"

À l'instar de son voisin britannique, l'Irlande avait allégé les restrictions en vigueur sur son territoire au début du mois de décembre. Las, son gouvernement a été contraint de claquemurer sa population à partir du 6 janvier.

Aujourd'hui, les déplacements des Irlandais sont limités à un rayon de 5 kilomètres autour de leur lieu de résidence. Les rassemblements ne peuvent aller au-delà d'une "bulle sociale" incluant un second foyer. Les écoles, elles, demeurent fermées au sortir des vacances de Noël.

• Le Danemark et l'Autriche verrouillés

Après avoir subi un confinement dans deux tiers de leurs communes, les Danois ont vu cette mesure drastique s'étendre sur tout leur territoire. Elle doit rester en vigueur au moins jusqu'à dimanche. Seuls les pharmacies et les commerces d'alimentation demeurent ouverts au public.

Quant aux Autrichiens, ils en sont, depuis le 26 décembre, à leur troisième confinement. Celui-ci est censé durer jusqu'au 24 janvier, mais à partir du 18, les citoyens ayant passé un test antigénique négatif pourront reprendre leur vie sociale "normale".

La population autrichienne bénéficie par ailleurs d'une exception par rapport à d'autres pays alpins: l'ouverture des stations de ski et des remontées mécaniques est laissée à l'appréciation des autorités locales. Les sports d'hiver représentent une part importante de l'activité touristique en Autriche.

• Les Italiens confinés pendant les fêtes

Toujours sous un régime de restrictions strictes, l'Italie a passé les fêtes de fin d'année sous cloche. Au vu des chiffres alarmants de l'épidémie, le gouvernement d'Antonio Conte a imposé un nouveau confinement le 20 décembre jusqu'au 6 janvier, date à laquelle les Italiens ont retrouvé le régime du couvre-feu.

Pendant Noël, la police a patrouillé les grands axes et les commerces, à l'exception des pharmacies et des magasins alimentaires, ont dû baisser leur rideau. Même le Vatican a renoncé à recevoir du public, la place Saint-Pierre ayant été rendue inaccessible aux touristes.

Ce vendredi, le décret délimitant les restrictions post-confinement prend fin et le gouvernement doit annoncer des ajustements en fonction de l'évolution du Covid-19, qui a déjà fait plus de 80.000 morts en Italie. Or selon le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, "l’épidémie est aujourd’hui dans une phase d’expansion".

• L'Espagne et le Portugal en confinement partiel

Pour l'instant, le gouvernement espagnol exclut toute généralisation du confinement sur son territoire. Des confinements locaux sont toutefois en vigueur, comme par exemple en Catalogne, où l'épidémie est hors de contrôle. Ce reconfinement est censé prendre fin dimanche, mais les autorités catalanes, en attente de vaccins, n'ont pas encore signifié si elles entendaient le prolonger.

Jeudi, c'est le Portugal qui a adopté un nouveau confinement pour deux semaines afin d'endiguer les contaminations liées aux fêtes de fin d'année. Les commerces "non essentiels" et restaurants sont désormais fermés, mais les écoles restent ouvertes. 

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Reconfinement

Jules Pecnard Journaliste BFMTV