BFMTV
Politique

Un référendum d'initiative présidentielle, l'idée de l'entourage de Macron pour sortir de la crise

Emmanuel Macron à N'Djamena (Tchad) le 23 décembre 2018

Emmanuel Macron à N'Djamena (Tchad) le 23 décembre 2018 - LUDOVIC MARIN / AFP

Plusieurs élus de La République en Marche ont proposé à Emmanuel Macron de mettre en place un "référendum d'initiative présidentielle" pour essayer de résoudre la crise. Une idée accueillie avec scepticisme par les gilets jaunes.

C'est une idée qui fait son chemin dans l'entourage du président. Pour réussir à mettre un terme à la gronde sociale qui secoue la France depuis deux mois, l'exécutif réfléchirait à mettre en place un "référendum d'initiative présidentielle". Différent du "référendum d'initiative citoyenne" réclamé par les gilets jaunes, celui-ci se présenterait sous la forme de questions à choix multiples soumises au peuple.

"Concrètement, les questions pourraient être: 'est-ce que vous êtes pour ou contre la prise en compte du vote blanc? Pour un contre la création d’un référendum d’initiative citoyenne? Pour ou contre la baisse du nombre de parlementaires?'. Et c'est au peuple de répondre oui ou non à chacune de ces questions", précise notre éditorialiste Laurent Neumann.

Remonter les idées du grand débat national

L'idée aurait été soufflée à Emmanuel Macron par plusieurs membres de son parti politique, dont François Patriat, le président du groupe LaREM au Sénat, et les députés Sacha Houlié et Aurélien Taché. "Ils poussent cette idée-là parce qu’il faut trouver une sortie de crise politique", explique Laurent Neumann. 

"Il n’y aura pas la démission d’Emmanuel Macron, on ne changera pas de Premier ministre, et il n’y aura pas de dissolution. Il faut bien trouver quelque chose qui soit politique et qui permette de sortir par le haut, d’où cette idée de référendum", poursuit-il.

Ce référendum serait proposé à l'issue du grand débat national souhaité par Emmanuel Macron, pour prendre en compte les revendications des citoyens. "On fait remonter toutes les idées, notamment sur le plan institutionnel, et on fait trancher les demandes par le peuple souverain qui dit oui ou non", développe Laurent Neumann.

Mais cette initiative permettrait surtout au président de se protéger, contrairement à un référendum d'initiative citoyenne. "Normalement quand on fait un référendum on ne répond pas forcément à la question posée, mais c'est l’occasion de dire 'non' à celui qui la pose. Là on contourne ça en proposant un référendum à choix multiples, avec plein de questions possibles", analyse notre éditorialiste.

"Un pas en avant" pour les gilets jaunes

Du côté des gilets jaunes, on préfère prendre la nouvelle avec des pincettes, même si on reconnaît l'effort fait par l'exécutif pour donner une voix aux citoyens.

"C’est une idée intéressante mais ça dépend ce qu’on en fait. La revendication principale des gilets jaunes c’est l’augmentation du pouvoir d’achat, et ce n’est pas un référendum qui va permettre de clôturer le débat", juge David Poulain du groupe "gilets jaunes constructifs" sur notre antenne.
"Maintenant faire un référendum à choix multiples c’est déjà un pas fait en avant en faveur des revendications demandées. Mais les gilets jaunes demandent à ce que ce soit aussi au peuple de choisir ses propres questions. On pourrait par exemple délimiter un nombre de signatures par le biais d’une pétition qui serait vérifiée en préfecture et qui permettrait aux gilets jaunes de soumettre une question", propose-t-il.
"Les gilets jaunes voudraient par exemple l’abolition des privilèges fiscaux des élus et anciens élus. Et je ne crois pas qu’on ait ce genre de question lors du référendum à choix multiples."
Céline Penicaud avec Laurent Neumann