BFMTV

Trois ans d'Edouard Philippe en 5 citations

Le Premier ministre Edouard Philippe dans son bureau de l'Hôtel Matignon, le 17 mai 2017

Le Premier ministre Edouard Philippe dans son bureau de l'Hôtel Matignon, le 17 mai 2017 - Joël SAGET © 2019 AFP

Edouard Philippe n'est plus Premier ministre. Pendant ses trois années passées à Matignon, les Français ont découvert un style, mélange d'austerité et d'éloquence. Retour sur ses citations les plus marquantes.

Paris, c'est fini. Ce vendredi, le Premier ministre Edouard Philippe a présenté sa démission au président de la République, mettant un terme à une aventure d'un peu plus de trois ans aux commandes du gouvernement.

En 1145 jours à Matignon, celui qui sera remplacé par Jean Castex a imposé un style singulier, critiqué pour sa technocratie par ses détracteurs, mais applaudi pour sa sobriété par ses partisans. Trois années de "philippisme" résumables en cinq citations.

"Je suis un homme de droite"

Quasi-inconnu du grand public, l'ex-lieutenant juppéiste Edouard Philippe est nommé Premier ministre le 15 mai 2017. Un ralliement à Emmanuel Macron vu comme un passage à l'ennemi pour celui qui n'est alors que député LR.

S'adressant à son prédecesseur Bernard Cazeneuve sur le perron de l'hôtel de Matignon ce jour-là, Edouard Philippe dément tout revirement politique.

"Vous avez dit que vous étiez un homme de gauche, je n'avais pas de doute là-dessus. Il se trouve que je suis moi-même un homme de droite, ce qui ne vous surprendra pas", lance le nouveau Premier ministre.

Un ancrage à droite qu'il ne reniera jamais, refusant jusqu'au bout les appels du pied de La République en marche, qui l'aurait bien compté parmi ses encartés.

"Je voulais sauver des vies, on m'a accusé de vouloir remplir les caisses"

Le 1er juillet 2018, la vitesse maximale autorisée sur les routes à double sens sans séparateur central passe de 90 à 80km/h. Une mesure portée par Edouard Philippe, qui la soutient sans faille. Mais une mesure qui montre vite son impopularité, accélérant la chute de la cote de confiance du Premier ministre.

Au printemps 2019, la digue cède: lors de la restitution du grand débat national au Grand Palais, Edouard Philippe se dit prêt à "composer avec l'incompréhension ou le rejet de nos concitoyens" et ouvre la porte à des aménagements de la mesure. Tout en regrettant les intentions qui lui auront été prêtées.

"Je voulais sauver des vies, on m'a accusé de vouloir remplir les caisses", clame-t-il alors.

"Mes tripes ont un goût d'eau salée"

En juillet 2019, La République en marche fait de Benjamin Griveaux son candidat pour aller conquérir la mairie de Paris, jugée largement prenable. Mais la candidature dissidente de Cédric Villani, et les débuts hésitants de la campagne du candidat désigné sèment le doute chez les marcheurs.

Le nom d'Edouard Philippe commence alors à circuler, comme solution de secours de luxe. Le Premier ministre laisse le doute planer, mais finit par mettre les choses au point en septembre 2019: pour lui, ce sera Le Havre ou rien.

"Il m’est arrivé récemment qu’on me dise: 'Édouard, tu devrais te présenter à tel endroit'. On me l’a dit à Paris. C’est très flatteur mais ça n’a aucun sens", explique ainsi l'ex-maire du Havre lors d'un déplacement à Bordeaux.

"On n’est jamais candidat ailleurs qu’à l’endroit où l'on est enraciné, où l’on a ses tripes. Mes tripes ont un goût d’eau salée."

Joignant les actes à la parole, le Premier ministre se présentera à l'élection municipale havraise, qu'il remportera confortablement.

"Le découragement ne fait pas partie de la gamme d'émotions que je m'autorise"

Le 28 mars 2020, alors que la France découvre l'épreuve du confinement, Edouard Philippe fait face à la presse pour faire un point sur la crise sanitaire du coronavirus. Interrogé sur le scepticisme des Français, parfois tentés par des théories du complot, et sur les efforts de pédagogie à fournir pour les convaincre, le Premier ministre rassure son auditoire.

"Le découragement ne fait pas partie de la gamme d’émotions que je m’autorise", précise-t-il ainsi.

"Je ne sais pas"

En pleine crise du coronavirus, Edouard Philippe se mue en monsieur Loyal de la parole gouvernementale. Ses grands oraux collectifs, où les ministres se succèdent au pupitre devant une présentation Powerpoint, sont salués jusque chez ses opposants.

"Nous vous dirons ce que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas", explique le Premier ministre.

Sa parole humble plait, les Français apprécient ce Premier ministre qui n'a pas réponse à tout et les derniers mois d'Edouard Philippe à Matignon seront marqués par un net regain de popularité, le chef du gouvernement allant même jusqu'à distancer assez largement Emmanuel Macron dans les enquêtes d'opinion.

Une "Philippe-mania" qui finira par agacer du côté de l'Elysée: le 3 juillet 2020, Edouard Philippe quitte Matignon et s'en retourne au Havre.

François de La Taille