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Talonnée par Zemmour dans les sondages, Le Pen assure n'avoir "aucune inquiétude"

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la présidentielle, se déplaçait ce mercredi à Bordeaux. Tandis que l'ascension d'Eric Zemmour dans les enquêtes d'opinion entraîne dernièrement sa glissade dans les intentions de vote, elle a réaffirmé sa assurance de figurer au second tour du scrutin et même de l'emporter.

Mardi, Marine Le Pen présentait son plan de "maîtrise de l'immigration", fondé sur un projet de loi "Citoyenneté, Identité et Immigration" et la perspective d'un référendum. Ce mercredi, elle se déplaçait à Bordeaux avec Jean-Paul Garraud, le député européen, transfuge des Républicains et ex-magistrat qui l'accompagnait déjà la veille et occupe une place de plus en plus visible dans l'organigramme de sa campagne. En apparence, elle continue ainsi de cocher imperturbablement les cases de son agenda de candidate du Rassemblement national à la présidentielle.

Pourtant, l'ascension de l'essayiste Éric Zemmour dans les sondages chahute sérieusement son équipée électorale. Selon un dernier sondage Harris Interactive paru mardi, il la talonne désormais à 13 points d'intentions de vote contre 16%, entravant l'accession au second tour du scrutin qui lui semblait jusqu'ici promise. Aussi, la prétendante à l'Elysée n'a pas échappé aux questions sur cette obstacle imprévu au cours de sa visite dans l'agglomération girondine. Elle a rejeté toute "inquiétude", affiché sa "sérénité", cherché à dégonfler un phénomène voué selon elle à "redescendre", et assuré de sa présence au second tour de l'élection à venir et même de sa victoire.

"La campagne est longue"

"Je n’ai aucune inquiétude sur le fait d’être au second tour et aucune inquiétude de gagner", a-t-elle posé. "C'est ça d'avoir l'expérience... Quand on n'a pas l'expérience, on peut être fébrile mais quand on l'a, on sait qu'il suffit de travailler, d'aller sur le terrain et d'attendre le retour à la normale", a-t-elle souri. Elle a pointé une frénésie des sondages: " Il y a une accélération des sondages. Il y a quatre ans et demi il n’y en avait pas autant… c’est un truc de fou…". Une multiplication qui ne serait pas de nature à l'inquiéter. "La campagne est longue. Je vais mener la campagne avec beaucoup de sérénité", a ajouté Marine Le Pen. "Je suis extrêmement sereine", a-t-elle insisté devant le nuage de micros.

Elle a rangé Eric Zemmour parmi les éphémères "troisièmes hommes" de la présidentielle, bénéficiant un temps d'une dynamique favorable dans l'opinion avant de s'effondrer: "J’ai beaucoup de recul sur ces sondages. Il y a parfois des accélérations qui font monter très haut des candidats. Bayrou, Chevènement... ça monte jusqu’à 15% en général puis ça redescend."

Si en 2007, François Bayrou était bien arrivé en troisième position au premier tour avec 18,57% des suffrages exprimés, il n'avait pu s'opposer au duel annoncé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy et, cinq ans plus tard, n'avait convaincu que 9% de l'électorat s'étant exprimé. La fortune de Jean-Pierre Chevènement avait été plus douloureuse encore pour le Belfortin. Un temps jaugé autour des 15%, il avait dû baisser pavillon, jusqu'à ne récolter que 5,33% des voix.

Léopold Audebert avec Robin Verner