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Référendum, projet de loi, méthode: Marine Le Pen dévoile son plan de maîtrise de l'immigration

La candidate du Rassemblement national a présenté son projet de loi "Citoyenneté, Identité et immigration" à la presse ce mardi. Conditionné à son hypothétique élection à l'Elysée, ce dispositif, qui s'articule entre un référendum et une batterie d'ordonnances, vise à durcir la politique migratoire et à réaffirmer la primauté du droit français sur les textes internationaux.

Davantage au fond qu'un projet de loi, c'est le coeur de son programme pour la prochaine présidentielle que Marine Le Pen a présenté ce mardi à la presse. Son nom: "Citoyenneté, Identité et Immigration" ou - "C2I", selon le résumé en forme de sobriquet employé par la candidate devant les journalistes lors de ce rendez-vous. Trois axes qui recouvrent "trois objectifs principaux", synthétisés plus tard par Marine Le Pen: "Maîtrise des flux migratoires, protection de la nationalité et de la citoyenneté française, la suprématie de la constitution et du droit français."

Le dispostif dévoilé comporte, pêle-mêle, la volonté d'appliquer la prorité nationale au logement, à l'emploi, à réserver les allocation familiales aux Français, d'extra-territorialiser les demandes d'asile, de faciliter les expulsions, de mettre fin au regroupement familial, ou d'abolir le droit du sol.

Une "méthode" qui se veut "réaliste" avant tout

En plus de révéler les mesures chargées de traduire ces orientations dans les faits, Marine Le Pen a précisé dans son propos liminaire qu'il s'agissait pour elle de définir une "solution clé en main, avec une méthode, une philosophie", articulées autour d'un référendum constitutionnel soumis aux Français, afin de graver dans le marbre de la souveraineté populaire la légitimité du dispositif, et de propositions "fermes mais réalistes, donc politiquement et juridiquement viables et donc applicables".

Cette volonté de sauvegarder le crédit de son projet, qu'elle a opposé aux invocations vaines des "faux prophètes" - une expression derrière laquelle chacun aura noté une attaque contre son (probable) challenger Éric Zemmour - l'avait amenée à se flanquer de la présence sur cette même tribune du député européen et surtout ex-magistrat Jean-Paul Garraud.

Avant de se lancer dans le dévoilement de son plan migratoire, Marine Le Pen a d'abord estimé que son courant de pensée pouvait se congratuler. "Tous les candidats se contorsionnent pour essayer de se faire entendre sur ce thème qui s’impose de lui-même", a-t-elle plastronné, célébrant " la victoire idéologique des nationaux".

Plus grave, elle a enchaîné: "La démographie commande tout, on le sait. Elle décidera des équilibres de notre monde et de la survie de nos nations, et sera au centre du prochain mandat présidentiel".

La question du référendum dévoilée

Elle a alors détaillé l'agenda du projet de loi "C2I" qu'elle appelle de ses voeux. "Élue, je présenterai un référendum", a-t-elle promis. Marine Le Pen en a ciselé la question: "Approuvez-vous le projet de loi Citoyenneté Identité et Immigration qui présentera un plan complet de maîtrise de l’immigration ?"

Une fois adopté, ce référendum lancera le processus de ratification du projet de loi, lui-même décomposé en ordonnances. "Les projets sont prêts", a même juré la candidate.

L'annonce des titres

Celle-ci a expliqué que les mesures envisagées se décomposaient en trois chapitres ou trois titres: "Le titre premier du projet de loi prévoira la priorité nationale concernant l’emploi, le logement ou les aides sociales, débranchant ainsi les pompes aspirantes de l’immigration." Ce même volet portera encore la "réservation des allocations familiales aux seuls Français", fera de "l'interdiction de la régularisation des illégaux et de l'expulsion des étrangers délinquants la règle".

"Les demandes d’asile – qui ne concernera que ceux dont la vie personnelle est directement menacée par leur Etat - ne seront examinées que si elles ont été faites en-dehors du territoire français", a-t-elle encore ajouté.

De fait, ces mesures entraîneront la "fin du regroupement familial", a continué Marine Le Pen.

"Le titre 2 traitera de la protection de la protection de la nationalité et de la citoyenneté françaises", a-t-elle poursuivi: "Les Français pourront ainsi décider de l’abrogation du droit du sol, de soumettre la naturalisation à des conditions strictes et vérifiées, les déchéances de nationalités des binationaux et des personnes naturalisées condamnés pour crimes graves ou atteintes aux intérêts de la nation seront précisées, le droit de vote et l’éligibilité, comme l’accès à certaines fonctions publiques seront réservés aux nationaux, ce qui ne remet pas en cause le droit de vote des Européens aux élections locales."

Plus tard, elle a achevé: "Enfin, le titre 3 affirmera la suprématie du droit français afin de faire respecter la volonté populaire sur les normes internationales." Il s'agira par exemple de "conférer au citoyen le pouvoir de saisir le juge pour faire respecter la primauté de la constitution", a-t-elle notamment illustré. Que faire alors des textes internationaux qui engaent la France ? "Des accords internationaux comme Schengen, rendus inapplicables par l’adoption du référendum, seront renégociés dans la foulée", a indiqué Marine Le Pen.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV