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Selon les éditorialistes, Fillon peinera à se relever des nouvelles révélations

Le Canard Enchaîné révèle dans son nouveau numéro, à paraître ce mercredi que Penelope Fillon a touché au total 900.000 euros en tant qu'assistante parlementaire et collaboratrice de La Revue des deux mondes. Ces nouveaux éléments fragilisent la campagne de son époux et agite sa famille politique, expliquent plusieurs éditorialistes sur BFMTV.

"Son destin n’est, pour partie, plus entre ses mains." C'est ainsi que notre éditorialiste politique, Bruno Jeudy, décrit la situation dans laquelle est empêtré François Fillon. Une enquête est en effet en cours autour des revenus perçus par son épouse en tant que collaboratrice de La Revue des deux mondes et attachée parlementaire, et pour établir si cet emploi n'était pas fictif.

Selon Bruno Jeudy, mardi soir sur BFMTV, cette affaire ne peut que laisser des traces sur la campagne du candidat de la droite et du centre: "Soit le parquet financier va conclure, ce sera sans suite et François Fillon, très abîmé par ces affaires, pourra continuer sa campagne. Soit on se dirige vers autre chose, une information judiciaire, et là pour François Fillon ce serait plus que compliqué".

Un plan B "au cas où"

Selon notre journaliste Nathalie Lévy, ça s'active déjà dans les coulisses du parti Les Républicains pour envisager une autre personnalité à mettre en avant, dans l'hypothèse d'un retrait de François Fillon: Xavier Bertrand, François Baroin ou Valérie Pécresse seraient ainsi dans les starting-blocks. Carole Barjon, chef du service politique de L'Obs, emprunte le même sillon en plateau: "Même au sein des Républicains, on voit qu’il y a des gens qui commencent à réfléchir à leur stratégie personnelle parce qu’on dit 'Il n’y a pas de plan B, il n’y a pas de plan B' mais il y a des plans B qui se préparent un peu en secret au cas où."

Selon Carole Barjon, le député élu à Paris est pris au piège. il voudrait dérouler son programme pour faire oublier ce brûlant dossier, mais en vain:

"L'équipe de François Fillon lui a conseillé de faire de la politique, d’en revenir à son programme pour délaisser le terrain judiciaire mais le problème, c’est que même là il est ennuyé. Car on parle aussi de salaires d'assistants parlementaires de 3.500 euros versés à ses enfants étudiants, pour beaucoup de Français, ce sont de très gros salaires. Il est forcément gêné sur son programme qui est un programme de demande d’effort aux Français".

Des dégâts considérables et durables

Thierry Arnaud, chef de notre service politique, a aussi évoqué le sondage Elabe révélant que le qualificatif "honnête" ne s'appliquait bien à François Fillon que pour 28% des sondés. Pour lui, c'est là le signe d'une forme de disgrâce du candidat devant l'opinion: "Les dégâts sur son image sont réels, incontestables. L’honnêteté, il en a fait véritablement la pierre angulaire de sa personnalité politique et de sa campagne présidentielle. Quelle que soit la suite, il y aura des dégâts."

D'après l'éditorialiste, les cœurs sont serrés et les mines inquiètes du côté des soutiens du patron de la droite et du centre pour la présidentielle:

"Dans la pire des hypothèses, il est mis en examen et dans ce cas-là, bien évidemment, il se retire. C’est l’engagement qu’il a pris. Mais il y a les hypothèses intermédiaires qui peuvent venir polluer sa campagne présidentielle: une procédure judiciaire qui continue, l’enquête préliminaire se termine avec la désignation d’un juge d’instruction, et dans ce cas-là on entre dans une procédure longue. Je ne vois aujourd’hui, chez tous ceux avec qui j’ai parlé, que de l’inquiétude, que du pessimisme à droite, autour de François Fillon."

Les élus toujours fidèles à François Fillon

Devant cette vague de révélations et sous la crainte d'une débâcle auprès de l'électorat, les élus de droite vont-ils donc tourner casaque et se détourner de François Fillon? On n'agit pas ainsi sur la base de simples soupçons, répond Eric Berdoati, maire LR de Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, et invité sur notre plateau:

"A ce jour, et dans l’histoire politique et le monde privé, on a vu un certain nombre de gens qui ont été même mis en examen et puis blanchis tout à fait derrière. Là, vous m’expliquez que parce qu’il y a une condamnation médiatique il aurait perdu tous ses droits à concourir. Franchement, ce serait une grande première à la fois juridique et démocratique."
R.V.