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Reconfinement: y a-t-il "urgence" ou non? Comment expliquer le changement de ton de Delfraissy

Le président du Conseil scientifique a changé de tonalité en quelques jours. Dans une interview à Libération, il évoque "une reprise de la circulation du virus", mais estime qu'on n'est "pas à une semaine près".

Rétropédalage? Plutôt alarmiste ce dimanche soir sur BFMTV, Jean-François Delfraissy est plus rassurant ce mardi matin à la une de Libération, dans lequel il explique qu'on "n'est pas à une semaine près" pour décider d'un éventuel reconfinement. Petits exemples de changement de tonalité

  • Dimanche soir sur BFMTV, le président du Conseil scientifique disait "il y a urgence". Ce mardi dans Libération, il "pense qu'on n'est pas dans l'extrême urgence".
  • Dimanche soir sur BFMTV, le président du Conseil scientifique disait qu'on avait "affaire à un virus diabolique". Ce mardi dans Libération, il rétorque qu'"en face, il y a le génie humain".
  • Dimanche soir sur BFMTV, Jean-François Delfraissy estimait qu'on pourrait vacciner "peut-être 40%" de la population avant la fin de l'été, "mais pas plus". Ce mardi dans Libération, il juge possible de vacciner "30 à 35 millions de personnes avant la fin de l'été", soit environ la moitié des Français.

Des divergences au sommet de l'État

Pourquoi un tel basculement? On a assisté ce weekend à un emballement et à des divergences. Olivier Véran, dimanche matin dans Le Parisien, dit qu'il n'y "pas de plan caché, pas de scénario pré-écrit". Et puis au même moment, le JDD titre "reconfinement imminent", avec des sources gouvernementales qui parlent, dont un ministre important, qui annoncent une allocution du président de la République le mercredi, que la décision est sur le point d'être prise, et donnent même des détails sur ce troisième reconfinement qui durerait au moins trois semaines.

Le JDD, ce sont des gens sérieux, ils ont eu des sources, des ministres qui leur ont donné ces informations donc il y a vraiment des divergences au sein du gouvernement.

Tensions autour des propos de Jean-François Delfraissy

Dimanche soir, l'intervention de Jean-François Delfraissy sur BFMTV énerve en haut lieu parce qu'il y va au canon, en dramatisant l'enjeu, et parce qu'il se permet de tacler le gouvernement, y compris les objectifs de vaccination du gouvernement. Or Emmanuel Macron déteste se faire dicter son agenda, il aime à penser qu'il est le maître des horloges.

Jean-François Delfraissy en fait les frais ce mardi matin avec ce rétropédalage qui lui a sans doute été inspiré. Auprès de BFMTV, l'interressé a assuré ne pas avoir "reçu de consigne du gouvernement" - "c'est mal me connaître" ni "changé d'un iota" son discours: "On est toujours dans l'urgence mais pas à trois jours près", a-t-il commenté.

Jean Castex lui aussi est revenu sur ses propos: lundi matin, en sortant d'une visite à l'Agence régionale de Santé Île-de-France, il affirme qu'il y aura "des décisions seront à prendre cette semaine". Et puis il déjeune à l'Élysée: on en sort avec l'idée qu'il est urgent d'attendre et on exprilquie dans l'entourage du Premier ministre que le statuo quo est aussi une décision. On peut décider de ne rien faire.

L'exécutif dans l'attente

On va attendre parce que l'exécutif pense que pour décréter un reconfinement, il faut une dramatisation, des chiffres vraiment très alarmants et on n'y est pas encore. Pour l'instant, on est dans l'attente. Or, les indicateurs ne sont pas bons. On se souveint des indicateurs donnés par Emmanuel Macron pour déconfiner en décembre. Moins de 3000 personnes en réamination: on est au-dessus. Moins de 5000 cas par jour: on est au-dessus.


On se souvient aussi que le 22 octobre, Olivier Véran disait qu'il était dificile de connaître les effets du couvre-feu qui venait d'être mis en place, mais affirmait qu'il était nécessaire d'agir pour éviter d'atteindre les 50.000 contaminations quotidiennes dans les 15 jours. Manque de chance, on atteignait cette objectif beaucoup plus rapidement que prévu et le confinement était décidé dans la foulée par le président.

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Reconfinement

Matthieu Croissandeau