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Pour Jean-François Delfraissy, le confinement est inévitable mais "on n'est pas à une semaine près"

Jean-François Delfraissy

Jean-François Delfraissy - Joël Saget

Le président du Conseil scientifique considère que le couvre-feu à 18h n'est pas suffisant pour lutter contre la propagation de l'épidémie.

Quand les Français risquent-ils d'être de nouveau être confinés? Pour faire face à l'arrivée des nouveaux variants sur le territoire "qui changent complètement la donne", le président de Conseil scientifique a estimé dimanche sur BFMTV qu'"il faudrait probablement aller vers un confinement". Toutefois, il a nuancé son propos ce lundi dans un entretien accordé à Libération, dans lequel il juge que nous ne sommes pas encore "dans l’extrême urgence. On n’est pas à une semaine près".

"On n’a pas trop mal passé les fêtes mais on est sur un plateau haut qui monte tout doucement. Pour les Français, c’est compliqué à intégrer car on a l’impression d’une certaine forme de stabilité, mais c’est extrêmement trompeur", explique le professeur.

"En Angleterre ou en Irlande, les mesures intermédiaires de ce type n'ont pas été suffisantes"

Dans cette interview, Jean-François Delfraissy dit ne pas "croire" que le couvre-feu à 18 heures mis en place en France depuis le 16 janvier dernier soit suffisant pour limiter la propagation du virus: "On a vu qu’en Angleterre et en Irlande, les mesures intermédiaires de ce type n’ont pas été suffisantes. Les hôpitaux londoniens se sont retrouvés dans une situation extrêmement difficile". Il ne croit pas non plus que l"'auto-isolement des personnes les plus fragiles serait suffisant".

Jean-François Delfraissy déroule donc deux hypothèses pour les semaines à venir: la première est d'attendre "la fin de la semaine pour disposer des résultats de la deuxième enquête flash de Santé publique France et des deux semaines de recul pour évaluer l’impact du couvre-feu à 18 heures", ce qui semble être le scénario privilégié par Emmanuel Macron. La seconde consisterait à "anticiper pour éviter de se retrouver dans la situation de l’Angleterre, de l’Irlande ou du Portugal".

Alors que Jean Castex avait annoncé lundi matin qu'une décision serait prise dans le courant de la semaine, l'exécutif a prévenu plus tard dans la journée qu'aucune prise de parole d'Emmanuel Macron n'était prévue dans les prochains jours afin d'annoncer un reconfinement. Selon nos informations, Emmanuel Macron souhaite en effet attendre quelques jours pour mesurer les effets du couvre-feu national à 18 heures, mis en place le 16 janvier dernier. "Il faut être sûr qu'il n'y a pas d'autre solution que le confinement", a fait savoir à BFMTV une source au sein de l'exécutif.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV