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INFOGRAPHIES. Le couvre-feu à 18h est-il efficace pour lutter contre la propagation du Covid-19?

Infographie sur les effets du couvre-feu à 18h

Infographie sur les effets du couvre-feu à 18h - BFMTV

Instauré dans toute la France depuis le 16 janvier, l'avancement du couvre-feu à 18h divise. Si certains estiment que la mesure est trop sévère, d'autres jugent qu'un confinement serait plus efficace.

Lors de sa mise en place en octobre 2020, le couvre-feu était présenté comme une initiative temporaire spécifique aux métropoles. Quatre mois plus tard, la mesure est désormais nationale. Instauré le 15 décembre, après le deuxième confinement, partout en France de 20h à 06h, le couvre-feu ne devait durer qu'un mois. Mais la situation sanitaire ne s'est pas améliorée après les fêtes de fin d'année.

Le gouvernement a donc décidé d'avancer le couvre-feu à 18h dans 15 départements le 2 janvier. Dix jours plus tard, la même mesure a été étendue à dix nouveaux départements. Finalement, le gouvernement a décidé d'appliquer la mesure à l'ensemble du territoire à partir du 16 janvier.

Si certains élus jugent cette décision trop sévère, de nombreux experts recommandant au contraire des mesures plus strictes, comme la mise en place d'un troisième confinement.

"Une baisse de la pression épidémique"

Ces derniers jours, le ton a légèrement changé au sein du gouvernement, où on écartait jusque-là de prendre de nouvelles mesures de restrictions plus sévères.

Selon Olivier Véran, interrogé ce jeudi sur TF1, le couvre-feu reste la meilleure option à l'heure actuelle, mais un reconfinement n'est plus écarté en cas de dégradation de la situation sanitaire.

"Dans les départements où on a mis en place le couvre-feu à 18h dès le 2 janvier, il y a plutôt une baisse de la pression épidémique. (...) Le couvre-feu a porté ses fruits là nous l'avons mis en place tôt, nous espérons qu'il portera ses fruits sur tout le pays", a déclaré le ministre de la Santé.

"S'il devait être efficace sur le plan national, on éviterait un confinement", mais "nous pourrions être amenés à prendre des mesures supplémentaires", a-t-il ajouté.

Une légère inversion de la courbe

Les chiffres de Santé Publique France donnent plutôt raison à Olivier Véran. Dans les départements où le couvre-feu a été mis en place à 18h dès le 2 janvier, on constate une baisse du nombre de nouveaux cas au bout d'une semaine, même si le total reste élevé.

Dans les grandes métropoles, où la mesure est peut-être plus contraignante qu'ailleurs sur le territoire, les courbes semblent similaires : une baisse notable au bout d'une semaine, suivie d'une stabilisation à un niveau relativement élevé. Excepté à Marseille, où le nombre de cas continue d'augmenter à un rythme inquiétant. La maire adjointe, Michèle Rubirola, demande d'ailleurs publiquement un nouveau confinement pour faire face à la propagation de l'épidémie dans sa ville.

Pour le reste des métropoles, où le couvre-feu à 18h a commencé le 16 janvier, il est encore trop tôt pour constater un effet, rappellait le docteur Alain Ducardonnet le 19 janvier sur BFMTV:

"Au mois d'octobre, 15 jours après la mise en place du couvre-feu, on avait remarqué une tendance à la baisse. Il est donc important de surveiller dans les 8 jours qui viennent si les courbes continuent de baisser".

Beaucoup trop tôt pour juger l'impact sur les cas graves

Il est également trop tôt pour voir si l'avancement du couvre-feu à 18h diminue le nombre de cas graves (hospitalisations, réanimations, décès). Ces formes sévères de la maladie interviennent généralement entre 15 et 20 jours après avoir la contamination, comme l'expliquait le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon en mars 2020:

"Vous avez été contaminés (...), vous avez à peu près une semaine d’incubation. Vous commencez alors à être malade, vous êtes éventuellement moins bien, et c’est à partir de ce moment que vous allez vous adresser à l’hôpital (...). Donc 15 jours après cette contamination, on observe notamment le passage en réanimation".

Les personnes actuellement hospitalisées ou récemment admises en réanimation ont donc probablement été infectées après les fêtes de fin d'année, soit avant la mise en place du couvre-feu à 18h.

Louis Tanca Journaliste BFMTV