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Pour Marine Le Pen, la sortie de l'euro n'est plus "prioritaire"

Marine Le Pen

Marine Le Pen - Capture BFMTV

Sans être abandonnée, la sortie de l'euro est reportée sine die par la présidente du Front national.

C'était le cheval de bataille de Florian Philippot, et beaucoup estiment au Front national que c'est l'une des raisons de la défaite à l'élection présidentielle: la sortie de l'euro, pomme de discorde entre souverainistes et libéraux, est désormais remise aux calendes grecques par Marine Le Pen, qui explique qu'il ne s'agit plus d'un "préalable" à l'application du programme du Front national.

Sur notre antenne ce vendredi, la présidente du FN a acté, bien qu'elle s'en défende, un changement de ligne sur la question.

"Le séminaire élargi de cinquante hauts dirigeants du Front national qui s’est réuni a fait un communiqué disant que la souveraineté et l’indépendance du pays ne sont pas négociables, (...) mais que nous considérons qu’il faut maintenant un calendrier", a rappelé Marine Le Pen, tenant la bride courte aux cadres qui souhaiteraient faire valoir d'autres positions. 

"Avec une priorité, c’est le retour de notre souveraineté territoriale. Nos frontières, pas seulement migratoires, mais aussi économiques, c’est-à-dire celles qui permettent de préserver nos commerçants et nos agriculteurs (…). Ça c’est prioritaire", ajoute-t-elle, revenant aux fondamentaux poujadiste du Front national.

Report sine die

La sortie de l'euro, que des cadres et alliés du parti percevaient comme une thématique "anxiogène" après la campagne présidentielle, n'est donc plus une priorité du Front. 

"Dans le cadre de la restitution de nos souverainetés au peuple français, nous avons dit que la souveraineté monétaire clôturerait le processus. Donc nous avons inversé en quelque sorte le sens des priorités. Ce n’est plus un préalable, parce que nous avons entendu les Français", soutient Marine Le Pen. 

Lors du débat télévisé contre Emmanuel Macron, le projet monétaire de la candidate d'extrême droite avait en effet été l'un de ses points faibles, Marine Le Pen peinant à défendre le projet d'instauration de l'écu.

Louis Nadau