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Pour l'opposition, la nomination d'Elisabeth Borne signe "la fin de l'écologie dans ce gouvernement"

C'est la deuxième fois en deux ans qu'un ministre de la Transition écologique démissionne. L'Elysée a rapidement réagi à ce coup de théâtre en désignant Elisabeth Borne, par ailleurs ministre des Transports, comme successeur. Cette nomination fait bondir plusieurs politiques qui annoncent déjà "la fin de l'écologie dans ce gouvernement".

Son nom ne faisait pas partie des possibles successeurs de François de Rugy, et sa nomination mardi soir a créé la surprise. Elisabeth Borne reprend les manettes du ministère de la Transition écologique, sans pour autant lâcher son poste aux Transports. Une double casquette qui n’a pas manqué de faire réagir alors que cette ingénieure de 58 ans "n’a jamais prononcé un discours en faveur de l’environnement et de l’écologie", a reproché François Ruffin, député La France insoumise, ce mercredi matin sur BFMTV-RMC..

"Force est de constater qu’il n’y a plus d’écologistes au gouvernement", tance François-Michel Lambert, député de l’Union des démocrates et des écologistes.

"La fin de l'écologie dans ce gouvernement"

Un constat que partage le porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu. Ce dernier a estimé sur France 2 que "le départ de François de Rugy, l'arrivée d'Élisabeth Borne, la signature du CETA (traité entre le Canada et l’Union européenne, ndlr) et du Mercosur, c'est la fin de l'écologie dans ce gouvernement".

Julien Odoul, membre du bureau national du RN tire quant à lui "deux enseignements: le banc de touche de l'équipe Macron est terriblement pauvre. L'écologie est rétrogradée en 2e division en perdant son ministère d'Etat quelques semaines après le verdissement de l'acte 2 du quinquennat".

De son côté, le Parti communiste français ironise: "Nommer à l'Écologie celle qui s'apprête à remettre 25.000 camions sur les routes en fermant la ligne Perpignan-Rungis, c'est fort!"

Tandis que Julien Bayou, porte-parole d'Europe Écologie-Les Verts note "encore le décalage entre les discours et les actes" du gouvernement en nommant "une ministre des Transports qui a accompagné le déclin des petites lignes et la réduction du fret ferroviaire".

"Il faut des actes forts pour l'écologie"

D’autres se sont toutefois montrés plus optimistes concernant cette affectation. Le chef de file des députés LaREM, Gilles Le Gendre, a "salué la nomination d’Elisabeth Borne comme ministre de l'Ecologie. Notre groupe apprécie de travailler avec la ministre qui a déjà porté deux lois essentielles du quinquennat: la réforme de la SNCF et la loi sur les nouvelles mobilités".

L’alliance des deux ministères sous la tutelle d’Elisabeth Borne semble d’ailleurs opportune pour le député Matthieu Orphelin, ex-LaREM, qui souligne que "la mobilité et les transports sont des gros sujets de la transition écologique".

Il ressort de ce choix extrêmement rapide, une volonté de l’Elysée de ne pas laisser le ministère de la Transition écologique – déjà abîmé par la démission de deux ministres en deux ans – vacant trop longtemps. Pour l’Elysée, Elisabeth Borne semble avoir toutes les qualités pour reprendre le flambeau.

Mais pour Mathieu Orphelin, "l’enjeu est ailleurs: est-ce que le gouvernement traduira dans ses actes, les ambitions présentées lors du dernier discours de politique générale? Il faut des actes forts pour l’écologie".

Ambre Lepoivre