BFMTV
Politique

"Fin de banquet": après la démission de François de Rugy, la presse se moque

La Une du Canard Enchaîne du 17 juillet 2019

La Une du Canard Enchaîne du 17 juillet 2019 - Canard Enchaîné

REVUE DE PRESSE - Les éditorialistes ne se sont pas montrés tendres et se sont largement moqués de la situation.

Au lendemain de la démission de François de Rugy, la presse s'est de nouveau emparée du dossier et fait ses gros titres sur le départ précipité de l'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire.

Avec le cynisme qu'on lui connaît, l'hebdomadaire Le canard enchaîné ouvre avec un jeu de mot en lien avec les homards servis lors des supposés dîners fastes de Rugy: "Ça suffit, j'en ai crustacé". 

"Fin de banquet" pour François de Rugy, se moque la presse
"Fin de banquet" pour François de Rugy, se moque la presse © Le Canard enchaîné

"À l'heure des gilets jaunes, il ne fait pas bon abuser des homards"

De manière générale, les éditorialistes ne se sont pas montrés tendres et se sont largement moqués de la situation, certains parlant de "fin de banquet" pour François de Rugy.

"À l'heure des gilets jaunes, il ne fait pas bon abuser des homards. Surtout pas aux frais de la princesse", a embrayé Claude Mislin dans les Dernières Nouvelles d'Alsace.

"Le Château d'Yquem, les crustacés dodus, les boiseries dorées, les pétales de rose, le dressing ça ne pouvait que rester en travers de la gorge d'une opinion déjà rincée", tousse Florence Chédotal dans La Montagne.

Dans Le Figaro, Vincent Trémolet de Villers se dit "ébahi devant la légèreté d'un ministre qui, en même temps qu'il demande à l'artisan qui roule en diesel de changer de voiture, profite à plein des largesses de l'État".

La démission du numéro 2 du gouvernement permet à Emmanuel Macron d'éviter "une crise politique", un an après l'affaire Benalla, analyse par ailleurs le quotidien conservateur.

Libération, lui, ricane: "Entrée, plat, désert", écrit-il en "une" avant de railler la défense du ministre qui s'est dit victime d'un "lynchage" du site Mediapart.

"Cela demeure quand même une drôle de ligne de défense. Surtout quand, comme lui, on appartient à ce nouveau monde macronien pour qui la moralisation de la vie politique fut un tremplin vers le succès", y écrit Paul Quinio. Même esprit du côté du Parisien qui titre "Rugy paie l'addition". 

"Rugy arrête les frais" 

Une ligne de défense pilonnée aussi par l'Humanité. "La défense des abuseurs est toujours la même... ils sont tellement nourris à l'impunité qu'ils ne sont même plus capables de s'excuser", dénonce le quotidien communiste.

"Les images du dîner de Lassay ont choqué la France entière, révélant un pouvoir perché dans les fastes du château alors que l'horizon s'assombrit pour tant de foyers", selon le journal.

Dans le Courrier Picard, Jean-Marc Chevauché s'étonne: "les mêmes qui ont applaudi des deux mains aux révélations concernant les costumes de Fillon ou la délinquance financière de Cahuzac, s'indignent aujourd'hui face à l'acharnement dont souffrirait Rugy", écrit-il.

"Comportement cynique"

François de Rugy "incarne à la perfection ce nouveau monde qui ressemble fort au pire de ce qui se faisait dans l'ancien", observe Léo Purguette dans La Marseillaise.

"Quant à sa démission, à défaut de produire un changement de politique du gouvernement, elle le reconnectera à la vie réelle plus sûrement que ses dîners de gala entre amis de la haute société", présume-t-il.

Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau dénonce un "comportement cynique" du ministre "en totale contradiction avec lui-même, qui avait bâti sa carrière d'élu sur la transparence, et qui, en 2011, a signé une proposition de loi visant à rendre publique l'utilisation des crédits alloués aux parlementaires".

Pour La Nouvelle République, "la somme des révélations laisse songeur sur les pratiques d'un élu qui a toujours prôné une stricte transparence", relève son éditorialiste Christophe Hérigault.

Avec "ce départ précipité" c'est la majorité qui se trouve "questionnée à la fois sur son exemplarité brandie en étendard et la sincérité de ses engagements environnementaux", note Dominique Garraud dans La Charente Libre.

Hugo Septier avec AFP