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Huit groupes possibles à l'Assemblée, un record depuis 1958

Avec la scission du groupe Les Républicains et la constitution d'un groupe progressiste à gauche, la nouvelle Assemblée nationale pourrait compter huit groupes parlementaires. Un record.

Après avoir balayé les partis politiques traditionnels, la présidence d'Emmanuel Macron s'apprête à transformer le visage de l'Assemblée nationale. Si la liste définitive des groupes parlementaires sera connue mardi prochain, le nombre de groupes potentiels se multiplie et pourrait atteindre un record. Alors que la précédente législature en comptait six, la nouvelle pourrait en effet en comporter huit. Du jamais vu sous la Ve République, le précédent record de sept groupes datant de la première législature en 1958.

Chaque parti traditionnel bénéficiera de son propre groupe parlementaire: le Parti communiste dont l'identité du chef n'est pour le moment pas connue, la France insoumise dont la présidence sera exercée par Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste emmené par Olivier Faure, le MoDem avec à sa tête Marc Fesneau, La République en marche menée par Richard Ferrand et Les Républicains représentés par Christian Jacob. 

Mais chose inédite, deux groupes viendront s'intercaler au centre gauche et au centre droit avec la probable création d'un groupe "progressiste" incluant Olivier Falorni et Manuel Valls à gauche, et "Les Républicains constructifs UDI indépendants" à droite.

Un rôle essentiel à la vie du Parlement

Un groupe parlementaire, dont la composition se définit en fonction d'affinités politiques sans toutefois se limiter aux frontières d'un parti, doit regrouper au moins quinze députés dont un président de groupe. Ces groupes jouent un rôle fondamental dans le travail parlementaire et sont un outil indispensable qui permet aux députés "d'exister" dans l'enceinte du Palais Bourbon.

Le temps de parole dans l'hémicycle, notamment lors des questions au gouvernement, dépend par exemple de la taille des groupes. Le poids de chaque groupe définit par ailleurs la composition des différentes commissions de l'Assemblée, qui étudient les textes avant qu'ils ne soient soumis aux deux chambres du Parlement.

Les groupes parlementaires peuvent également inscrire d'office à l'ordre du jour une demande d'enquête parlementaire. Les présidents de groupe ont également l'avantage de siéger à la Conférence des présidents et de participer à l'élaboration de l'ordre du jour des séances. La constitution d'un groupe parlementaire permet enfin de se voir octroyer des moyens matériels, financiers et humains importants.

Autant de prérogatives qui expliquent l'agitation de ces dernières semaines autour de l'Assemblée nationale.

Mélanie Rostagnat