BFMTV

Mitterrand, Chirac, Sarkozy... Quand Macron imite ses prédécesseurs

A plusieurs reprises depuis son début de mandat en mai 2017, l'actuel président de la République a semblé s'inspirer des anciens locataires de l'Elysée, quitte à tomber parfois dans l'imitation.

En visite ce mercredi à Jérusalem, Emmanuel Macron a été pris dans une altercation verbale avec plusieurs policiers israéliens, alors qu'il entrait dans l'église Sainte-Anne, territoire français dans la Vieille ville et qu'un premier accrochage avait eu lieu entre des membres du groupe chargé de sa sécurité et un agent des forces de sécurité israéliennes ayant voulu entrer dans la basilique.

"I don't like what you did in front of me" (Je n'aime pas ce que vous avez fait devant moi"), a-t-il crié à l'encontre d'un officier placé devant lui dans l'entrée de l'édifice. "Allez à l'extérieur je vous prie, personne n'a à provoquer personne, c'est compris?", a-t-il ajouté, toujours en anglais. 

"Nous restons calme, nous avons fait une magnifique marche, vous faites du bon boulot dans la ville et je l'apprécie, mais s'il vous plaît, respectez les règles établies depuis des siècles, elles ne changeront pas avec moi, je peux vous le dire." "C'est la France ici, et tout le monde connaît la règle", a-t-il ajouté.

"Do you want me to go back to my plane?"

La scène n'est pas sans rappeler la visite de Jacques Chirac à Jérusalem en 1996, au cours de laquelle celui qui avait été élu en 1995 s'était emporté, dans un anglais teinté d'un fort accent français, contre des soldats israéliens qui l'encadraient de trop près. Il avait lancé son désormais célèbre "Do you want me to go back to my plane?" (Voulez-vous que je retourne à mon avion?), avant d'exiger que les militaires sortent du domaine de Sainte-Anne.

Après sa fameuse phrase, Jacques Chirac s'était rendu sur l'esplanade des Mosquées. Appelée Noble sanctuaire par les musulmans, mont du Temple par les juifs, l'esplanade des Mosquées est le troisième lieu saint de l'islam et le site le plus sacré pour les juifs. Après avoir rencontré des religieux à la basilique Sainte-Anne, Emmanuel Macron est, comme Chirac, allé sur l'Esplanade ce mercredi. Il s'est ensuite rendu au mur des Lamentations, kippa noire sur la tête, pour sa première visite en Terre sainte depuis son élection en 2017.

"Encore un incident avec un président français à Jérusalem", a déclaré le présentateur à l'ouverture des infos sur la chaîne publique israélienne Kan.

Le Louvre et l'Ode à la joie

Ce n'est pourtant pas la première fois qu'Emmanuel Macron s'inspire de ses prédécesseurs. Tout juste élu à la tête du pays le 7 mai 2017, il était arrivé, dans une séquence désormais restée dans l'imaginaire collectif, dans la cour du Louvre, seul, et bien décidé à marquer les esprits.

Là encore, la scène rappelle l'arrivée de François Mitterrand, président de 1981 à 1995, qui avait quant à lui choisi le Panthéon pour célébrer sa victoire dans une mise en scène similaire.

L'inspiration avait été jusqu'à la musique, puisque L'Ode à la joie du compositeur allemand Beethoven, devenu hymne européen, avait été choisie par les deux hommes.

Ultime clin d'oeil, la pyramide au coeur du musée parisien, devant laquelle Emmanuel Macron avait réalisé son premier discours en tant que président, avait été commandée par ce même François Mitterrand en 1989. 

"Casse-toi, pauvre con"

Dans les moments de tensions aussi, Emmanuel Macron semble parfois tirer son inspiration d'expériences passées de ses prédécesseurs. Passage obligé, le salon de l'Agriculture peut également se transformer en exercice de style pour les locataires de l'Elysée.

En 2008, du déplacement de Nicolas Sarkozy porte de Versailles avait découlé une réplique qui avait collé à l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine durant l'intégralité de son mandat. "Casse-toi alors, pauvre con", avait-il en effet lancé à un passant qui l'invectivait. 

En février 2018, Emmanuel Macron se frottait lui aussi à l'exercice. Si la séquence n'avait pas été jusqu'à l'insulte, elle soulignait la volonté du chef de l'Etat d'aller au plus proche des citoyens.

Ce dernier avait vivement reproché à plusieurs agriculteurs, avec qui il entretenait un débat houleux à propos du glyphosate, de l'avoir "sifflé dans le dos depuis tout à l'heure!" 

dossier :

Nicolas Sarkozy

Hugo Septier