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Mélenchon compare l'affaire Benalla au Watergate

Jean-Luc Mélenchon le 14 juillet 2018 sur les Champs-Elysées.

Jean-Luc Mélenchon le 14 juillet 2018 sur les Champs-Elysées. - Ludovic MARIN / AFP

Alors que le chef de l'Etat reste muet, le député et chef de file de la France insoumise lui demande de "s'exprimer et d'assumer".

C'est une affaire tentaculaire, qui donne une opportunité sans précédent à l'opposition de se faire entendre. Dans l'affaire Benalla, du nom de cet ancien chargé de mission de l'Elysée filmé en train de frapper des manifestants le 1er mai dernier, les révélations se succèdent depuis mercredi soir, quand Le Monde a publié un premier article avec les images de la manifestation.

"Macron a commis une grave erreur"

Un séisme politique en plein été, d'autant plus retentissant qu'Emmanuel Macron a choisi de garder le silence. Dans un entretien au quotidien du soir réalisé vendredi, Jean-Luc Mélenchon décrit une majorité "tétanisée" et demande au chef de l'Etat de "s'exprimer et d'assumer". Le député et chef de file de la France insoumise ne s'arrête pas là. Pour lui, cette crise politique en train de devenir une affaire d'Etat est comparable au Watergate: cette affaire d'espionnage impliquant Richard Nixon qui a entraîné sa démission de la présidence des Etats-Unis en 1974.

"Elle est du niveau du Watergate. Le monde entier est maintenant au courant. Si le premier ministre était venu nous voir pour assumer et dénoncer une situation inadmissible, on serait sans doute passés à autre chose. M. Macron a pensé que l’affaire s’arrêterait toute seule. Il a commis une erreur grave. Personne ne lâchera prise", estime Jean-Luc Mélenchon.

"L’un enregistrait des opposants dans son bureau, celui-ci s’organise une milice personnelle. Ce n’est pas rien!", s'insurge l'élu, mettant en parallèle Richard Nixon et Emmanuel Macron.

Un "cabinet officieux" au sommet de l'Etat?

Interrogé sur un éventuel "cabinet de sécurité officieux au plus haut sommet de l'Etat", l'ancien compétiteur d'Emmanuel Macron à la présidentielle estime qu'il y en a un "à l'évidence". "Il faut le démasquer", insiste-t-il, interrogeant sur un "troisième homme aux côtés d'Alexandre Benalla place de la Contrescarpe", le 1er mai.

"C’est lui qui nous a fait partir, nous, parlementaires en écharpes, de la marche en hommage à Mireille Knoll, au lieu d’éloigner ceux qui nous empêchaient de marcher. Qui est-il? Qui le commandait? Il reste beaucoup de questions. Personne ne peut croire que le président de la République ne savait pas", poursuit-il.

Une sanction validée par Macron

D'après les informations de BFMTV, Emmanuel Macron a eu connaissance des agissements d'Alexandre Benalla, qui était chargé de sa sécurité pendant la campagne, dès le 2 mai. En déplacement en Australie, le chef de l'Etat a d'abord eu un récit de la vidéo, ce qui l'a conduit à réclamer des sanctions si les faits étaient avérés. La sanction qui a été décidée est celle d'une suspension de 15 jours sans versement de salaire, et d'un changement de poste en interne. Par la suite, le chef de l'Etat a visionné la vidéo, et validé la sanction qui avait été prise. L'Elysée a annoncé ce vendredi avoir finalement engagé sa procédure de licenciement, alors qu'Alexandre Benalla était placé en garde à vue le même jour.

"Une crise c'est une crise, son issue n'est pas écrite d'avance", conclut Jean-Luc Mélenchon, qui s'attend à des démissions au sein du gouvernement. 
Charlie Vandekerkhove