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Mariage homo: Valls accuse Sarkozy d'avoir "cédé à une foule"

Manuel Valls dans la cour de l'hôtel de Matignon, le 17 novembre 2014.

Manuel Valls dans la cour de l'hôtel de Matignon, le 17 novembre 2014. - Bertrand Guay - AFP

Le Premier ministre a critiqué sans le nommer Nicolas Sarkozy, après ses déclarations en faveur de l'abrogation de la loi Taubira sur le mariage homosexuel.

Après les déclarations de Nicolas Sarkozy sur le mariage homosexuel, Manuel Valls contre-attaque. Interrogé lundi en marge d'un discours sur la responsabilité sociale des entreprises, le Premier ministre juge qu'il ne sert "à rien de "rouvrir des débats qui sont derrière nous". 

"Quand on est un homme d'État, quand on veut incarner la France, qui plus est quand on a été président de la République, on ne cède pas à une foule. On ne cède pas à une minorité. On tient bon, on est cohérent avec ce qu'on a dit par le passé", a déclaré Manuel Valls à la presse lundi soir, en allusion au discours de Nicolas Sarkozy samedi. 

Des critiques à gauche... et à droite

Invité par l'association Sens commun, née au sein de l'UMP dans le sillage de la Manif pour tous, l'ancien Président a dit samedi qu'il fallait "abroger" et non plus "réécrire" la loi Taubira, sous la pression d'un public très hostile au mariage homosexuel. 

Sans surprise, les déclarations de Nicolas Sarkozy ont été condamnées par la gauche. Mais à douze jours du vote qui doit désigner le président de l'UMP le 29 novembre prochain, l'ancien Président doit aussi affronter des réactions négatives venant de son propre camp. 

Ce qui n'a pas échappé à Manuel Valls. "La loi Taubira a été votée par le Parlement, elle est approuvée par une immense majorité de l'opinion, beaucoup de responsables de l'opposition considèrent qu'on ne reviendra pas en arrière", a fait valoir le Premier ministre. 

Valls brandit le spectre des "divisions"

Parmi eux, Nathalie Kosciusko-Morizet, proche de Nicolas Sarkozy, a affirmé son désaccord avec Nicolas Sarkozy: elle juge l'abrogation de la loi Taubira "ni souhaitable, ni possible". Quant au rival de l'ancien Président dans la course à la présidence de l'UMP, Bruno Le Maire, il a lui aussi déclaré samedi qu'il ne reviendrait pas sur la loi Taubira. Depuis, François Fillon et Alain Juppé ont également déclaré, chacun de leur côté, s'opposer à l'abrogation de la loi.

"Aujourd'hui, on a plus que jamais besoin de responsables publics qui tiennent fort sur leurs convictions, qui soient courageux, qui aient le sens de l'État et des valeurs de la République, et qui ne cherchent pas à diviser la société française", a critiqué Manuel Valls. "Nous avons besoin de nous rassembler sur nos valeurs, et surtout pour incarner l'avenir. Pas le passé, l'avenir", a-t-il asséné de nouveau en référence à l'ancien Président.

Ariane Kujawski