BFMTV

Abrogation de la loi Taubira: NKM en désaccord avec Sarkozy

Nathalie Kosciusko-Morizet, soutien de Nicolas Sarkozy dans la course à présidence de l'UMP

Nathalie Kosciusko-Morizet, soutien de Nicolas Sarkozy dans la course à présidence de l'UMP - Stéphane de Sakutin - AFP

Nicolas Sarkozy a promis samedi d'abroger la loi Taubira si la droite revient au pouvoir en 2017. Une position critiquée jusque dans son propre camp. Nathalie Kosciusko-Morizet, l'un de ses soutiens de poids, a jugé l'initiative "ni souhaitable ni possible", lundi matin sur Europe 1.

Si Nathalie Kosciusko-Morizet soutient Nicolas Sarkozy dans la course à la présidence de l'UMP, elle ne partage pas toutes ses idées. Interrogée par Europe 1 lundi sur les propos de Nicolas Sarkozy, qui s'est dit déterminé samedi à abroger la loi Taubira, celle qui fut sa porte-parole de campagne en 2012 a tranché: "Je ne suis pas du tout d'accord avec cette orientation. Je crois que l'abrogation de la loi Taubira n'est ni souhaitable, ni possible".

L'UMP divisée sur le mariage homosexuel

Plus largement, la position affichée samedi par Nicolas Sarkozy à l'occasion du meeting de la mouvance Sens Commun, issue de la Manif pour tous et proche de l'UMP, a suscité de nombreuses réactions, même dans son camp où les positions sont divisées. Xavier Bertrand (candidat à la primaire), Laurent Wauquiez (son soutien) ou Hervé Mariton, lui aussi candidat à la présidence de l'UMP, ont déjà fait part de leur opposition à la loi Taubira.

De son côté, Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l'UMP, a estimé qu'il ne fallait pas revenir sur le texte autorisant le mariage aux couples homosexuels. Parler d'abrogation, "c'est mentir aux Français", a martelé son soutien Franck Riester, l'un des deux seuls députés UMP à avoir voté la loi Taubira, en avril 2013.

Surtout, Nicolas Sarkozy, se distingue du favori des sondages pour 2017, Alain Juppé, favorable, lui, au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels, ou de l'ancien Premier ministre François Fillon, qui a répété dimanche soir sur BFMTV sa position: l'abrogation de la loi Taubira est impossible "pour des raisons juridiques", mais il serait bon de la réécrire partiellement.

Jje pense qu'abroger la loi Taubira n'est pas une bonne idée", a réagi lundi Alain Juppé, candidat à la primaire à droite en 2016. "Je crois que dans l'évolution de nos sociétés, nous avons franchi une étape, l'idée que deux personnes du même sexe peuvent s'aimer et donc demander à bénéficier d'un statut officiel, le mariage (...). Cette aspiration-là fait partie des acquis et on ne reviendra pas dessus"

Sarkozy raillé par Cazeneuve

Outre l'opposition affichée de Nicolas Sarkozy à la loi Taubira, la manière dont l'ancien président s'est rallié à la foule des militants de Sens commun a également suscité quelques railleries. Si François Hollande, depuis la Nouvelle-Calédonie, a minimisé la chose, refusant de commenter "les débats internes à l'UMP", son ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a raillé un candidat qui "épouse les convictions de la foule" au lieu de la convaincre de ses idées.

Nicolas Sarkozy a eu "tort de céder à un groupe de pression", a réagi pour sa part le nouveau président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde quand le patron du Parti communiste, Pierre Laurent dénonce le "coming out homophobe" de l'ancien chef de l'Etat.

Des critiques rejetées lundi sur BFMTV par le porte-parole du candidat Sarkozy, Gérald Darmanin: "Nicolas Sarkozy a choisi la position la plus courageuse en proposant l'abrogation", juge-t-il car "l'hypocrisie de la loi Taubira, c'est qu'elle ouvre la voie à la PMA et à la GPA".

S.A. avec AFP