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Macron dit avoir vu dans le mouvement des gilets jaunes "un niveau de violence unique"

Emmanuel Macron le 21 juin 2019 à Bruxelles

Emmanuel Macron le 21 juin 2019 à Bruxelles - Kenzo Tribouillard - AFP

Interrogé sur les nombreux blessés recensés lors des protestations des gilets jaunes, Emmanuel Macron a répliqué qu'il ne s'agissait pas "de citoyens normaux qui manifestent".

"Un très haut niveau de violence. Un niveau unique". Dans un portrait d'Emmanuel Macron, publié par le journal américain The New Yorker lundi, le président français est interrogé sur la crise des gilets jaunes, d'abord sur les nombreux blessés des manifestations, qui ont parfois perdu un oeil ou une main. 

Si Emmanuel Macron déplore ces nombreuses blessures, il rappelle que "pour la première fois nous avions un mouvement social avec un très haut niveau de violence. Un niveau unique."

Il rappelle au passage qu'il n'a pas souhaité interdire les manifestations pour ne pas "réduire le niveau de liberté dans ce pays. Je pense que cela aurait été une erreur. Mais penser que nous ne parlons que de citoyens normaux qui manifestent, c'est de la pure connerie* (bullshit dans le texte anglais)".

L'humain "pas suffisamment" au coeur du projet

Le président français est ensuite interrogé sur le Grand Débat, déclenché à la suite des nombreuses manifestations des gilets jaunes. La journaliste le caractérise de "tour d'humiliation". Emmanuel Macron lui répond qu'il "n'avait pas le choix" que "d'aller en première ligne, et d'essayer de gérer ce qu'il se passait".

Selon lui, sa politique a été mal comprise, car pas assez rapidement tangible pour les Français:

"Je pense que l'une des erreurs ou des faiblesses des dirigeants progressistes est de faire des réformes intelligentes avec un impact à long terme, mais une faible visibilité pour les citoyens". C'est d'ailleurs selon Emmanuel Macron une des raisons du succès de Donald Trump, qui met en place une politique plus "facile à comprendre".

Il admet également n'avoir "pas suffisamment" mis l'humain au coeur de son projet, dans un mouvement "trop abstrait". A présent, sa priorité serait de fournir des "réponses concrètes aux inquiétudes quotidiennes" des Français, écrit la journaliste.

Salomé Vincendon