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VIDEO - Fillon: "Est-ce qu’on peut mentir, tricher, détourner de l’argent?"

Selon François Fillon, la "disparition" de l'UMP est "possible".

Selon François Fillon, la "disparition" de l'UMP est "possible". - -

L'ancien premier ministre a critiqué durement -mais sans le nommer- Jean-François Copé, président démissionnaire de l'UMP, mardi soir à Versailles. En pleine affaire Bygmalion, il estime que la survie du parti d'opposition est en jeu.

"Est-ce que la fin justifie toujours les moyens?" En pleine affaire Bygmalion, François Fillon a très durement critiqué, mardi, Jean-François Copé, président démissionnaire de l'UMP. "Est-ce qu’on peut mentir, tricher, détourner l’argent des adhérents et des sympathisants et ensuite prétendre représenter la France et les Français? Moi je vous réponds non, non et non", a affirmé l'ancien Premier ministre.

Il s'exprimait lors de l'assemblée générale de son association de soutien Force républicaine, qui réunissait Porte de Versailles environ 800 personnes, selon les organisateurs, dont quelque 120 députés et sénateurs.

La disparition de l'UMP "possible"

François Fillon a, ensuite, mis en cause la survie de l'UMP: "Sauver [le parti] d’une disparition qui est désormais possible, voilà quel est l’enjeu des prochaines semaines." L'ancien premier ministre devrait prendre la tête de l'UMP aux côtés de Jean-Pierre Raffarin et d'Alain Juppé, après la démission forcée de Jean-François Copé.

Mais ce triumvirat est critiqué par des cadors du parti, qui jugent cette décision illégitime. Claude Guéant et Nadine Morano ont déjà marqué leur opposition. "C'est le vice-président, Luc Chatel, qui doit assurer l'intérim (...). C'est la seule voie juridique possible", estime l'ancienne ministre. L'article 24 des statuts de l'UMP prévoit, en effet, que le vice-président délégué de l'UMP prenne le relais du président en cas d'empêchement.

De son côté, Alain Juppé a posé ses conditions à sa participation à une éventuelle nouvelle direction. "Je ne participerai au groupe des trois qu'à deux conditions: que la décision ne soit pas source de division mais soit prise de manière consensuelle; que ce groupe ait les moyens d'organiser le fonctionnement de l'UMP sur des bases administratives et financières clarifiées", écrit-il sur son blog.

Plus d'un an et demi après des élections controversées qui avaient porté Jean-François Copé à la tête de l'UMP, la bataille pour le leadership du parti d'opposition repart donc de plus belle, en l'absence de Nicolas Sarkozy qui refuse toujours d'évoquer un éventuel retour en politique.

M. K. avec Damien Fleurot et Charles-Henri Dupoizat