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VIDEO - Le trio à la tête de l'UMP remis en question

Le trio formé par François Fillon, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé pour diriger l'UMP est remis en cause.

Le trio formé par François Fillon, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé pour diriger l'UMP est remis en cause. - -

Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin prendront-ils vraiment la direction transitoire de l'UMP? Rien n'est moins sûr. Certains estiment que cette décision va à l'encontre des statuts du parti. Quant à Alain Juppé, il pose des conditions à sa participation.

Les divisions ne sont pas encore du passé à l'UMP. Depuis la démission de Jean-François Copé, c'est Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et François Fillon qui ont été désignés pour prendre la direction du parti. Une direction provisoire jusqu'au mois d'octobre, où aura lieu le nouveau congrès pour élire le nouveau président.

Un "triumvirat" aussitôt dénoncé par certains cadres du parti: Claude Guéant a marqué son désaccord, tout comme Nadine Morano, fraîchement élue eurodéputée, qui estime que le trio est "illégitime, parce que "en rien conforme (aux) statuts" du parti.

Pour l'ancienne ministre, "c'est le vice-président, Luc Chatel, qui doit assurer l'intérim jusqu'au congrès. C'est la seule voie juridique possible." L'article 24 des statuts de l'UMP prévoit, en effet, que le vice-président délégué de l'UMP prenne le relais du président en cas d'empêchement.

Alain Juppé exige le consensus

Ce à quoi d'autres piliers du parti, comme Benoist Apparu ou Valérie Pécresse sur BFMTV, lui ont répondu que Luc Chatel, comme l'ensemble de la direction du parti, avait démissionné. "On ne va pas forcer Luc Chatel à rester président par intérim alors qu'il décide de démissionner! Nous n'avions plus de dirigeant, il fallait donc se tourner vers une solution transitoire, une solution d'urgence mais d'apaisement", explique la députée des Yvelines.

Même son de cloche chez Bernard Debré, qui ne cache pas son agacement: "je ne veux pas être grossier, mais ils commencent à nous ennuyer", dit-il sur RFI à propos de Nadine Morano et Claude Guéant. Nadine Morano, "qu'elle se contente d'être député européen, elle n'avait aucun titre à l'être si ce n'est que c'était une récompense parce qu'elle avait été battue, alors on la met là-bas, elle commence à nous casser les pieds", déclare Bernard Debré.

Pourtant, malgré la montée au créneau des fillonnistes, la direction des trois "sages" ne va pas encore de soi. Ce lundi, Alain Juppé a posé ses conditions à une participation au triumvirat. "Je ne participerai au groupe des trois qu'à deux conditions: que la décision ne soit pas source de division mais soit prise de manière consensuelle; que ce groupe ait les moyens d'organiser le fonctionnement de l'UMP sur des bases administratives et financières clarifiées", écrit-il sur son blog. La décision doit encore être confirmée par un vote du bureau politique avant le 15 juin, date du départ de Jean-François Copé.

Ariane Kujawski et vidéo: Damien Fleurot