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UMP: "Morano commence à nous casser les pieds", tacle Debré

Bernard Debré, le 17 décembre 2013 à Paris.

Bernard Debré, le 17 décembre 2013 à Paris. - -

Nadine Morano et Claude Guéant, soutiens de Nicolas Sarkozy, ont critiqué la solution choisie du triumvirat pour diriger l'UMP, invoquant les statuts du parti selon lesquels un intérim doit être assuré par le vice-président.

Le député UMP Bernard Debré s'en est pris lundi à Nadine Morano et à Claude Guéant, des "battus qui nous donnent des leçons" en jugeant irrégulière l'installation d'un triumvirat formé par Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon à la tête de l'UMP.

"Je vais vous dire très franchement, je ne veux pas être grossier mais ils commencent à nous ennuyer, j'allais dire à nous emmerder." Nadine Morano, "qu'elle se contente d'être député européen, elle n'avait aucun titre à l'être si ce n'est que c'était une récompense parce qu'elle avait été battue, alors on la met là-bas, elle commence à nous casser les pieds", a déclaré Bernard Debré sur RFI.

Et Claude Guéant? "Il n'est rien. Il a été très proche de Nicolas Sarkozy, très bien, mais il s'est fait battre aux élections législatives. Tout ceux qui ont été battus nous donnent des leçons", a-t-il poursuivi. "La totalité du staff de la direction de l'UMP a démissionné. Quand Madame Nadine Morano nous dit il fallait mettre Luc Chatel.... Mais il a démissionné !", a insisté le député de Paris.

Copé? "Incompétent ou complice"

L'UMP s'est dotée d'un triumvirat formé par les trois anciens Premiers ministres avant le congrès prévu en octobre, à la suite de la démission de Jean-François Copé, fragilisé par l'affaire Bygmalion. Nadine Morano et Claude Guéant, soutiens de Nicolas Sarkozy, ont invoqué les statuts du parti selon lesquels un intérim doit être assuré par le vice-président.

Sur RMC, le député UMP de la Marne Benoist Apparu, proche d'Alain Juppé, a usé du même argument que Bernard Debré: "il n'y a plus de vice-président puisque toute la direction de l'UMP, Luc Chatel compris, a démissionné." Quant à Jean-François Copé, "il faudra qu'il me convainque qu'il n'était pas au courant. S'il n'était pas au courant de l'évaporation de plusieurs millions, il y a au moins 11 millions, il faut qu'il parte de toute façon" car il est "incompétent ou complice", selon Bernard Debré.

Le député de Paris a redit son opposition à un retour de Nicolas Sarkozy. "L'avenir est toujours devant lui mais il a une grande partie derrière lui. Je ne suis pas favorable à ce qu'il revienne, on ne peut pas être et avoir été, on ne peut pas regarder en permanence dans le rétroviseur. Nous avons des jeunes talents à l'UMP, nous avons des jeunes d'avenir, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Luc Chatel, Wauquiez, Le Maire... On en a plein!"

A. D. avec AFP