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Tribune de Sarkozy: le match entre l'UMP et le gouvernement

Nicolas Sarkozy lors d'une visite à Nice, le 10 mars dernier. La tribune de l'ancien président dans "Le Figaro" a entraîné une escalade verbale entre l'UMP et le gouvernement.

Nicolas Sarkozy lors d'une visite à Nice, le 10 mars dernier. La tribune de l'ancien président dans "Le Figaro" a entraîné une escalade verbale entre l'UMP et le gouvernement. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

"Insupportable", "indigne"… Le gouvernement monte au créneau depuis jeudi soir pour dénoncer la tribune de Nicolas Sarkozy dans "Le Figaro". De son côté, l'UMP fait front derrière celui qui est le plus susceptible de se présenter à la présidentielle de 2017.

La tribune de Nicolas Sarkozy, publiée dès jeudi par Le Figaro, a forcé la classe politique à se positionner. Si la droite affiche son soutien à l'ancien président, la gauche dénonce notamment les références historiques comme la Stasi (la police politique est-allemande) et le film La vie des autres.

> La droite unie derrière Sarkozy

• Soutien tous azimuts. A droite, l'UMP fait front derrière celui qui est susceptible de représenter le parti en 2017. Le mot d'ordre: soutien tous azimuts. Pas difficile pour Henri Guaino. Sur Europe 1, le loyal ancien conseiller du président n'a pas hésité à monter au front pour le défendre: "c'est l'expression d'un homme qui est attaqué, dont l'honneur est traîné dans la boue, auquel on applique des moyens absolument disproportionnés, invraisemblables, vis-à-vis duquel l'institution judiciaire se comporte, à mes yeux de républicain, (de façon) contraire à tous les principes".

• Les affaires et les municipales. Quant à Jean-François Copé, c'est un soutien franc qu'il a adressé vendredi matin, en direct du siège de l'UMP: pour lui, il était "indispensable que Nicolas Sarkozy réponde comme il l'a fait, alors qu'il est l'objet d'attaques d'une violence incessante depuis des semaines (...)." Le président de l'UMP lie la réponse de Nicolas Sarkozy au climat ambiant, à deux jours des élections municipales. "Nicolas Sarkozy s'exprime dans un contexte dont on voit bien les ressorts: nous sommes en pleine campagne électorale pour les municipales. Or je n'ai jamais vu que pendant la dernière phase d'une période comme une campagne électorale, on vienne perturber ce débat public par ce climat d'affaires", a-t-il lancé.

• Certains cadres ont des doutes. Mais si l'UMP monte au front, difficile de ne pas voir que certains cadres du parti se gardent bien de s'exprimer. Un ancien ministre de Nicolas Sarkozy explique sur Europe 1 que cette réponse pourrait "dégoûter encore un peu plus les Français de la politique, et ne servir que le Front national". Mais il tient à rester anonyme… Par peur des représailles?

> La gauche outrée par les références à la Stasi

• La référence à la Stasi. La gauche, elle s'emporte contre les références de Nicolas Sarkozy, à la Stasi, et au film La vie des autres. Europe Ecologie-Les Verts y voit "un parallèle grotesque et scandaleux avec les méthodes totalitaires de la Stasi est-allemande". Des "comparaisons avec des dictatures" que François Hollande juge lui aussi "insupportables". Jean-Marc Ayrault, lui, parle de "grave faute morale", et estime que la comparaison entre la République française et l'Allemagne de l'Est "insupportable".

• Taubira et Valls répliquent. Certains membres du gouvernement, visés par Nicolas Sarkozy dans sa tribune, n'ont pas mâché leurs mots pour dénoncer l'attaque de l'ancien président. Là où Christiane Taubira, garde des Sceaux, explique qu'elle "n'accepte pas l'injure", Manuel Valls, lui, dénonce "des propos violents, de division" venus d'un homme "qui a envie de tout salir, de tout détruire".

• Un nouveau Berlusconi? Michel Sapin, comme le président de l'Assemblée Claude Bartolone, décèlent dans l'attitude de Nicolas Sarkozy une référence à un autre chef d'Etat, connu pour ses déboires avec la justice: Silvio Berlusconi. Une référence soutenue également par Arnaud Montebourg: "Je crois que Nicolas Sarkozy a décidé d'engager une lutte d'inspiration berlusconienne contre les juges et les magistrats", lance le ministre du Redressement productif. Pas sûr que l'ancien président apprécie la comparaison.

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Ariane Kujawski