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Pour Juppé, "Bachar al-Assad fait le lit de Daesh"

Alain Juppé sur le perron de l'Elysée, le 19 février 2015.

Alain Juppé sur le perron de l'Elysée, le 19 février 2015. - Stéphane de Sakutin - AFP

Après la visite de quatre députés en Syrie pour rencontrer Bachar al-Assad, Alain Juppé se distingue de ceux qui "considèrent qu'il ne faut pas mélanger morale et géo-stratégie".

Le déplacement de quatre députés français en Syrie pour y rencontrer Bachar al-Assad fait décidément couler de l'encre. Florian Philippot, vice-président du FN, considère par exemple qu'il s'agit d'une "saine initiative", bien que "délicate" pour la diplomatie française, car pour lui "Bachar al-Assad lutte contre l'Etat islamique".

Sur son blog, Alain Juppé rappelle que les Syriens qui défilaient dans les rues de Damas en mars 2011 "n'étaient pas des jihadistes", mais des Syriens qui "demandaient au régime de Bachar un peu de liberté, un peu de démocratie", et que le dirigeant "a répondu par la plus sauvage répression".

Juppé en désaccord avec Fillon

Rien de plus logique donc pour l'ancien ministre des Affaires étrangères de rejeter toute alliance avec Bachar al-Assad. "Certains considèrent qu’il ne faut pas mélanger morale et géo-stratégie. C’est un point de vue. Ce n’est pas le mien." "C'est Assad qui a fait le lit de Daesh", ajoute-t-il.

Un point de vue qui n'est pas partagé par l'ensemble des responsables de l'UMP. François Fillon estime "qu'ils ont eu raison". "Il faut écouter toutes les parties. Si j'avais l'occasion d'aller en Syrie, j'irais en Syrie", a ajouté le député UMP. Nicolas Sarkozy, lui, a raillé "les gugusses" partis en Syrie et affirmé qu'il n'y "serait pas allé". Mais le président de l'UMP n'envisage pas de sanctions, comme c'est le cas de Jean-Christophe Cambadélis avec le député socialiste Gérard Bapt.

A. K.