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Syrie: quatre parlementaires français rencontrent Bachar al-Assad

Le député Jacques Myard, ici en octobre 2013, qui est du voyage en Syrie, a annoncé avoir rencontré Bachar al-Assad avec trois autres parlementaires mercredi, au cours d'une "mission personnelle".

Le député Jacques Myard, ici en octobre 2013, qui est du voyage en Syrie, a annoncé avoir rencontré Bachar al-Assad avec trois autres parlementaires mercredi, au cours d'une "mission personnelle". - AFP

Les députés Jacques Myard, Gérard Bapt et les sénateurs Jean-Pierre Vial et François Zocchetto sont en "mission personnelle" en Syrie depuis mardi. Ce mercredi matin, ils ont rencontré à Damas le président syrien Bachar al-Assad. Il ne s'agit pas d'une "initiative officielle de la France", s'est empressé de souligner Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement.

Une première depuis la rupture des relations diplomatiques avec la Syrie décidée en mai 2012 par Paris. Quatre parlementaires français de gauche et de droite, en "mission personnelle" en Syrie depuis mardi, ont rencontré mercredi matin à Damas le président syrien Bachar al-Assad, a annoncé l'un d'eux, Jacques Myard (UMP). "Nous avons rencontré Bachar al-Assad pendant une bonne heure. Ca s'est très bien passé", a indiqué le député des Yvelines, tout en refusant de préciser la teneur des échanges. "Nous ferons rapport à qui de droit", a-t-il dit.

"Il est clair que nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer le gouvernement syrien", a-t-il avancé. "Venir et écouter, ça ne signifie pas qu'on approuve", a ajouté Jacques Myard.

"Une mission personnelle"

Les quatre parlementaires en déplacement en Syrie sont, outre Jacques Myard, Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne et président du groupe d'amitié France-Syrie à l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Vial, sénateur UMP de Haute-Savoie, président du groupe d'amitié France-Syrie au Sénat, et François Zocchetto, sénateur UDI de la Mayenne, président du groupe UDI-UC, membre du groupe France-Syrie au Sénat.

"C'est une mission personnelle pour voir ce qui se passe, entendre, écouter. Ensuite, nous en tirerons des informations", avait indiqué mardi Jacques Myard.

Pas une "initiative officielle de la France"

Interrogé mercredi à l'issue du Conseil des ministres sur cette visite, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a souligné qu'il s'agissait d'une "initiative personnelle" et non "pas d'une initiative officielle de la France", sans faire d'autres commentaires.

Alexandre Giorgini, porte-parole du Quai d'Orsay interrogé lundi sur une éventuelle concertation de cette visite avec les services de Laurent Fabius, a précisé qu'"il s'agit d'une initiative de parlementaires qui, conformément au principe de séparation des pouvoirs, n'a pas été décidée en concertation avec le ministère des Affaires étrangères et du Développement international." "Comme l'a précisé Laurent Fabius le 15 février, les parlementaires concernés ne sont porteurs d'aucun message officiel", a aussi répondu Alexandre Giorgini en se démarquant de ce voyage.

 "Je trouve qu'ils ont eu raison d'y aller", a commenté François Fillon pour qui" il faut écouter toutes les parties". "Si j'avais l'occasion d'aller en Syrie, j'irais en Syrie", a ajouté le député UMP

Cette visite de parlementaires français constitue une première depuis la rupture des relations diplomatiques décidée en mai 2012 conjointement par la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne.

La France réclame le départ d'Assad depuis 2012

Selon une source gouvernementale à Damas, ils ont été reçus mardi par le vice-ministre syrien des Affaires Etrangères Fayçal Moqdad et mercredi ils devraient s'entretenir avec le chef de la diplomatie, Walid Mouallem. Ils ont dîné également avec le mufti de la République cheikh Ahmad Hassoun.

Un an après le déclenchement de la guerre civile en Syrie en mars 2011, la France avait décidé le 2 mars 2012 de fermer son ambassade à Damas. Le 29 mai 2012, dans le cadre d'une initiative commune à cinq pays européens, la France avait déclaré l'ambassadrice de Syrie et d'autres diplomates persona non grata. Depuis, Paris ne cesse de réclamer le départ du pouvoir d'Assad en soutenant politiquement, militairement et humanitairement l'opposition modérée au président syrien.

C. P. avec AFP