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Nicolas Sarkozy: un "J'accuse" ou un "J'abuse" ?

Les déclarations de Nicolas Sarkozy mercredi ont satisfait à droite, et indigné à gauche.

Les déclarations de Nicolas Sarkozy mercredi ont satisfait à droite, et indigné à gauche. - -

Au lendemain des déclarations de Nicolas Sarkozy, la droite affiche son soutien à l'ancien président dans sa mise en cause de la justice. La gauche, peu surprise, relève des "intimidations" et des "insultes" à l'encontre du gouvernement et des magistrats.

L'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy a-t-elle bousculé les responsables politiques? Au lendemain de la contre-attaque de l'ancien président, ses proches affichent leur soutien. Comme Brice Hortefeux, président de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy. "Face à un acharnement permanent, incessant et indigne dont il fait l'objet depuis de nombreux mois et plus particulièrement ces derniers jours, Nicolas Sarkozy a fait le choix de la responsabilité, de la transparence et de la clarté devant les Français (…) Plus que jamais, Nicolas Sarkozy est un atout et une chance pour notre pays", écrit-il.

De son côté, Jean-Pierre Raffarin a expliqué sur France Info avoir trouvé l'ancien chef de l'Etat "assez convaincant" mercredi soir. "Nous sommes entrés dans un scénario de justice spectacle" qui "ne sert pas la sérénité de la justice", selon l'ancien Premier ministre. Pour lui, "la manière dont a été traité Nicolas Sarkozy" donne "le sentiment qu'on cherche cette justice spectacle, cette justice médiatique, politique. C'est très dangereux pour la justice elle-même".

Quant à Henri Guaino, il voit aussi dans la procédure judiciaire conduite à l'encontre de Nicolas Sarkozy une "volonté d'abaisser, d'humilier". Et pour lui, la solution est radicale: il faut "supprimer le syndicalisme dans la magistrature".

"La violence des attaques ne nous surprend pas", dit Le Foll

A gauche, on est peu surpris, et peu enthousiaste face à la prestation de Nicolas Sarkozy. "Il a, dans une stratégie bien connue, joué la contre-attaque ou l'attaque", relève Stéphane Le Foll, sur Europe 1. Mais pour le porte-parole du gouvernement, "il y a une procédure judiciaire, elle doit aller au bout pour que les choses soient claires." Quant à "la violence des attaques" de l'ancien président, elle "ne nous surprend pas", ajoute Stéphane Le Foll.

Claude Bartolone, président PS de l'Assemblée nationale, estime sur itélé que les déclarations de Nicolas Sarkozy "étaient un sale coup porté à la justice". "Hier, ce qui m'a vraiment choqué, c'est la forme. Est-ce qu'on peut, quand on a été président, venir malmener comme ça publiquement la justice, quand on voit l'institution qu'elle représente pour le pays?", insiste le président de l'Assemblée.

Pour Jean-Christophe Cambadélis, "ce n'est pas parce qu'on a droit à la présomption d'innocence que l'on peut insulter comme cela, surtout quand on a été président de la République, les magistrats, le gouvernement, le président de la République", affirme le patron du PS sur RTL. Et Jean-Christophe Cambadélis de conclure: "Nicolas Sarkozy a voulu prononcer un 'J'accuse', mais il a surtout prononcé un 'J'abuse'".

Ariane Kujawski