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Lutte contre Daesh: Fillon préconise "la création d'une armée numérique"

François Fillon sur RTL.

François Fillon sur RTL. - RTL

François Fillon durcit le ton mercredi matin sur RTL. L'ancien Premier ministre compare la gravité de la situation à celle de la guerre d'Algérie et prône la "création d'une armée numérique".

Invité de RTL mercredi Matin, François Fillon n'a pas manqué de fustiger l'insuffisance, selon lui, de l'action du gouvernement face aux attentats. Pour l'ancien Premier ministre, qui' l'a répété à l'envi, la France est engagée dans une "guerre mondiale" contre le terrorisme. Avec d'autres pays, notamment au Moyen-Orient, rappelant en substance qu'ils payent le prix fort en vies humaines et destruction.

Une "armée numérique" pour mener la guerre à Daesh 

En plus de la dissolution "de toutes les associations qui se réclament du salafisme ou des Frères musulmans" sur le territoire français, François Fillon a prôné la création d'une "armée numérique".

"Comme nous avons une armée de terre, d'une armée de l'air, une marine, il faut qu'on ait une armée numérique. Je propose cette création car le numérique va présenter une menace, en même temps qu'un bienfait et un progrès, une menace pour la sécurité de nos pays".

Le Code pénal suffit

"Je je répète depuis des semaines, nous avons dans le Code pénal toutes les dispositions qui permettent de lutter contre le terrorisme. Il y a notamment dans le Livre IV du Code, une disposition qui permet de condamner à 30 ans de prison toute personne qui entretient des relations avec l'ennemi. Or l'ennemi aujourd'hui, c'est bien l'Etat islamique, qu'il faut d'ailleurs nommer par son nom." 

Pour l'ancien Premier ministre le présumé terroriste qui a perpétré la sanglante prise d'otages à Saint-Etienne-du-Rouvray est "coupable d'intelligence avec l'ennemi".

Et d'ajouter: "la prison est la seule réponse, le bracelet électronique est une plaisanterie quand on est en face de kamikazes qui sont prêts à se jeter et mourir au combat."

L'un des assaillants a été formellement identifié comme étant Adel Kermiche. Connu des services antiterroristes, avait tenté de rallier la Syrie par deux fois en 2015. Mis en examen dès mars 2015, il avait été placé en détention provisoire à l'issue de sa deuxième tentative, puis libéré en mars 2016 et assigné à résidence sous bracelet électronique.

"Des dispositions utilisées pendant la guerre d'Algérie"

François Fillon à qui le journaliste fait remarquer qu'appliquer le Livre IV du Code Penal revient reconnaître l'état de guerre (un cran au dessus de l'état d'urgence) rappelle que "ces dispositions ont été utilisées à plusieurs reprises pur lutter contre le terrorisme, notamment pendant la guerre d'Algérie".

"Ces dispositions, qui sont celles applicables, nous éviteraient toutes les aventures juridiques incertaines qui sont proposées par les uns et par les autres. On ne va pas mettre en place des camps de concentration pour mettre des milliers de suspects sous surveillance. Il faut utiliser les moyens du droit, mais pour cela il faut reconnaître qu'on est en guerre, il faut nommer l'adversaire."

D. N.