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Les coulisses rocambolesques du renoncement d'Alain Juppé

Le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre Alain Juppé est candidat à la primaire de la droite fin 2016.

Le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre Alain Juppé est candidat à la primaire de la droite fin 2016. - Eric Piermont - AFP

Avant le refus d'Alain Juppé de s'imposer comme relais de François Fillon, ses soutiens ont tout essayé pour le convaincre d'y aller.

Après la primaire, le renoncement d'Alain Juppé à être le "plan B" de la présidentielle a été vécu par ses soutiens comme une deuxième défaite. Quelques jours après la déclaration sans appel du maire de Bordeaux, lundi, les langues se délient, pour raconter les coulisses de cette décision. Cette campagne présidentielle, avec ses péripéties et ses retournements, est régulièrement comparée à une série. Mais la séquence que rapporte Le Monde mercredi est effectivement digne d'une fiction à la House of Cards.

Comme dans toute bonne série, les choses sont allées très vite. Tout a commencé vendredi, avec une collecte de parrainages en faveur d'Alain Juppé. 242 ont été transmis et enregistrés par le Conseil Constitutionnel, d'après son dernier décompte, datant de ce mardi. Au cours du week-end, l'idée d'un retour d'Alain Juppé n'a cessé de prendre de l'ampleur. Dimanche matin, d'après le quotidien, l'ancien Premier ministre a même indiqué à l'un de ses collaborateurs qu'il était décidé "à y aller".

Séquence hollywoodienne à bord d'une voiture

Mais il avait posé deux conditions à son retour: que François Fillon renonce de lui-même à se présenter, et que sa famille politique se rassemble autour de lui pour porter cette nouvelle candidature. Et dimanche, journée décisive, deux éléments de poids l'ont fait changer d'avis. D'abord la prestation de François Fillon au Trocadéro, entouré des sarkozystes Luc Châtel et François Baroin. Un signe du manque de volonté de l'ancien président de "débrancher" François Fillon. Puis le passage de celui-ci sur France 2, lors duquel il a répété son refus d'abandonner.

Du côté des soutiens d'Alain Juppé, l'élément déclencheur de la séquence hollywoodienne a été le tweet qu'il a posté dans la soirée, annonçant sa déclaration de 10h30, lundi à Bordeaux. Un message qui a tout de suite sonné comme l'annonce d'un renoncement à venir. Un message qui a décidé Gilles Boyer et Benoist Apparu, deux de ses fervents soutiens, à se rendre directement à Bordeaux afin de convaincre Alain Juppé de ne pas renoncer.

Gilles Boyer et Benoist Apparu tentent leur chance

Gilles Boyer avait alors annoncé sa démission du poste de trésorier de la campagne de François Fillon. Benoist Apparu, le député-maire de Châlons-en-Champagne, s'était lui aussi mis en retrait de la campagne. Il avait publié sur Twitter un communiqué co-signé par Christophe Béchu, le sénateur-maire d'Angers, et Edouard Philippe, le député-maire du Havre.

Les deux hommes "se passent un coup de fil à 23 heures", écrit Le Monde. Quelques heures plus tard, ils partent, en pleine nuit et en voiture, pour tenter leur chance.

"Ils conviennent de se rendre à Bordeaux pour tenter de faire changer d’avis leur champion avant qu’il ne prenne la parole. Les deux hommes se retrouvent à 3 heures du matin pour faire voiture commune. Ils roulent toute la nuit et arrivent à temps. Sans succès. Alain Juppé ne veut rien savoir. Sa décision est prise", décrit le quotidien.

Fin de l'histoire. Un épisode qui laissera à Gilles Boyer un sentiment de "triste fierté", comme il l'a écrit lundi sur Twitter après l'annonce d'Alain Juppé. Une annonce qui a mis fin à ce feuilleton dans la saga de la campagne.

Charlie Vandekerkhove