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Le sort réservé au président de Sens commun divise Les Républicains

Laurent Wauquiez ne veut pas rompre avec Sens commun

Laurent Wauquiez ne veut pas rompre avec Sens commun - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Alors que certains élus LR demandent l'exclusion de Christophe Billan, président de Sens commun, pour son appel à se rapprocher de Marion Maréchal-Le Pen, d'autres souhaitent le maintenir par crainte de voir une partie de l'électorat s'envoler.

Nouveau casse-tête chez Les Républicains. L'épineuse question des personnalités LR macron-compatibles désormais réglée - non sans mal - au terme d'un feuilleton à rebondissements, le cas de Christophe Billan arrive sur la table. Le président de Sens commun, émanation politique de la Manif pour tous au sein des Républicains, est sur la sellette depuis son appel à créer une "plateforme" avec Marion Maréchal-Le Pen, révèle Le Parisien.

Ses excuses, présentées dans la foulée, n’auront pas suffi à éteindre le début d’incendie. Car le sort qui lui est réservé divise déjà le parti. En interne, ils sont de plus en plus nombreux à se prononcer en faveur de l’exclusion. Une option défendue par des cadres Républicains. Christian Estrosi avait notamment dénoncé une "collusion malsaine avec ces idées écœurantes et ceux qui les défendent", quand Maël de Calan, candidat à la présidence LR, reprochait au président de Sens commun de "caricaturer le parti".

"Il y a deux poids deux mesures"

"Virer les Constructifs et pas Sens commun qui, pourtant, a franchi la ligne rouge c’est incompréhensible. Il y a deux poids deux mesures", s’agace également un cadre LR dans Le Parisien. "Christian Billan est devenu l’idiot utile de Darmanin et des Constructifs. Il a glissé sur la peau de banane, le sujet sur lequel on l’attendait au tournant" analyse encore dans le quotidien Sébastien Picard, député LR et ancien président de Sens Commun.

Le président du Sénat Gérard Larcher souhaiterait pour sa part aborder cette question lors du prochain bureau politique. Lui aussi estime que Christophe Billan "n’a plus rien à faire au sein des Républicains". Problème, aucun bureau politique n’est prévu jusqu’à l’élection du président du parti qui aura lieu les 10 et 17 décembre.

Wauquiez l'équilibriste

Bien que nombreux au sein des Républicains, les partisans de l’exclusion du président de Sens commun font face aux réfractaires qui craignent de voir une partie de l’électorat s’envoler.

"Il n’y a pas lieu à ce stade de conclure à un exclusion. Christophe Billan n’assume pas une alliance avec Marion Maréchal-Le Pen", lâche un proche de Laurent Wauquiez.

Il faut dire que le favori à la présidence du parti joue gros. En effet, Laurent Wauquiez, qui a reçu le soutien de Sens commun, a tout intérêt à ne pas se froisser avec l’association. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a donc endossé le costume d'équilibriste en prenant ses distances avec Christophe Billan, qui a "fait une énorme erreur", mais sans rompre avec le mouvement conservateur qui aura, sans nul doute, une part à jouer dans l'élection de décembre. D'ici là, le secrétaire général Bernard Accoyer rencontrera les dirigeants de l'association le 15 novembre.

P.L