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Sens commun: Wauquiez lâche le président, mais pas le mouvement

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Laurent Wauquiez et Bernard Accoyer ont pris leurs distances avec le président de Sens commun, qui appelait de ses vœux une "plateforme" avec Marion Maréchal-Le Pen. Sans pour autant rompre avec le mouvement conservateur.

Il fallait éteindre l'incendie avant que la polémique ne s'envenime. Contrairement au bureau politique du parti, qui a soigneusement évité la question mardi soir, le favori pour la présidence des Républicains Laurent Wauquiez et le secrétaire général du parti Bernard Accoyer ont "clarifié" leur position par rapport à Sens commun.

Ce mercredi, tous deux ont lâché en rase campagne le président du mouvement Christophe Billan, après que ce dernier s'est prononcé dans le magazine ultraconservateur L'Incorrect en faveur d'une "plateforme" avec Marion Maréchal-Le Pen (dans le même entretien, il estime qu'on "ne peut être français sans être chrétien").

Équilibrisme

Une "ligne rouge" pour Laurent Wauquiez, qui clame à longueur d'émission qu'il ne conclura jamais d'alliance avec le Front national. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui s'en était tenu dans un premier temps à un simple rappel à l'ordre, a durci le ton ce mercredi, en se livrant à un délicat numéro d'équilibriste. L'enjeu: suffisamment condamner Christophe Billan pour ne pas prêter le flan aux attaques sur la "droitisation" de son discours, sans braquer pour autant les militants de Sens commun, forces vives de Les Républicains. 

"Le président de Sens commun a fait une immense erreur, qui est une erreur lourde, qu'il a immédiatement corrigée, note Laurent Wauquiez. Le bureau de Sens commun a immédiatement dit que ce qu'il avait indiqué n'était en aucun cas la ligne qui était la leur. Dès lors qu'ils l'ont corrigée, on a rappelé hier [mardi] que si jamais ils enfreignaient cette consigne, ils n'appartiendraient plus aux Républicains."

Fusible

Simultanément, le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a affirmé une position similaire, comme le note Le Lab d'Europe 1.

"Dès que le président de Sens commun a fait des déclarations totalement inacceptables, je lui ai écrit", a expliqué l'ancien président de l'Assemblée nationale sur France 2. "Il m'a apporté une réponse qui ne me suffit pas. Et je vais rencontrer, avec la secrétaire générale adjoint madame Genevard, la direction de Sens commun pour acter que Sens commun se désolidarise totalement de son président et que ce président pose un problème à l'évidence."

Autrement dit, Christophe Billan pourrait bien servir de fusible politique à Laurent Wauquiez et Bernard Accoyer pour calmer les tensions sur Sens commun au sein des Républicains.

Louis Nadau