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L'UMP en danger de mort après l'échec de la médiation Juppé

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Le parti créé en 2002 est à l'agonie après l'échec d'Alain Juppé dans sa tentative de réconcilier les frères ennemis Jean-François Copé et François Fillon.

L'UMP, créée il y a dix ans, est en danger de mort, jugent plusieurs de ses membres après l'échec d'Alain Juppé, dont la tentative de réconcilier les frères ennemis Jean-François Copé et François Fillon a avorté.

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Arrivé à 19H00 à l'Assemblée nationale où il avait réuni le député de Paris et celui de Meaux, le maire de Bordeaux a annoncé moins de trois quarts d'heure plus tard qu'il renonçait, les conditions qu'il avait posées n'étant pas réunies.

Un des proches de Alain Juppé, l'ex-ministre Benoist Apparu, a vu dans son initiative désormais torpillée la "dernière chance" pour que l'UMP reste "vivante". La motion victorieuse du congrès, c'est "la droite morte", a-t-il ironisé amèrement, en écho à la "droite forte".

Le député-maire de Meaux a expliqué, à l'issue de la rencontre express, qu'il ne fallait pas mélanger les processus politique et juridique. La commission des recours du parti, instance juridique statuaire, doit, à ses yeux, proclamer le nom du président. Ensuite seulement, viendra le temps de la médiation.

De son côté, François Fillon a attribué à son adversaire la "responsabilité" de l'échec et a annoncé qu'il "saisirait la justice" pour "rétablir la vérité des résultats".

Un timing opposé aux demandes de Alain Juppé

Alain Juppé n'avait pas caché son pessimisme sur sa capacité à rapprocher les deux adversaires qui se disputent la présidence de leur parti, dans une guerre sans merci commencée il y a une semaine jour pour jour. Il s'était accordé "très peu de chances" d'aboutir.

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Nicolas Sarkozy, resté jusqu'à présent silencieux sur la crise qui secoue son parti, même s'il s'agitait en coulisses, était plus tôt entré "en contact téléphonique" avec Alain Juppé, pour favoriser "toute initiative qui peut permettre de régler la situation", selon son entourage, ainsi qu'avec François Fillon et Jean-François Copé, selon un proche de ce dernier.

Avant même qu'elle ne commence, la médiation avait été mise sous pression par Jean-François Copé, président proclamé de l'UMP. Il avait annoncé vers 18H30 une réunion de ses soutiens à 20H00 à la mairie du VIe arrondissement, laissant ainsi seulement une petite heure à Alain Juppé pour dénouer la situation.

Discret ces derniers jours, l'ex-secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand avait souhaité - en vain - "le succès" de la mission Juppé car "jamais l'UMP n'a été autant en danger".

Sarkozy aux manettes

Au moment où Alain Juppé s'exprimait le matin, la commission nationale des recours du parti, chargée de trancher les litiges électoraux et saisie tour à tour par les deux rivaux, avait commencé une réunion au siège du parti, à Paris (XVe).

Ses huit membres - une s'est retirée - avaient suspendu leurs travaux un peu après 19H00. Ils les ont repris après 20H00.

>> Le déroulé des faits

Le feuilleton avait connu un nouvel accès de fièvre en fin de matinée quand Eric Ciotti et Eric Berdoati, observateurs pro-Fillon des travaux de la commission, ont claqué la porte de cette instance jugée illégitime. Le camp Copé, par la voix de l'avocat Francis Szpiner, a aussitôt dénoncé une "désertion".

Alain Juppé avait proposé de constituer une commission de médiation avec des représentants des deux adversaires et deux personnalités choisies par lui. Elle aurait dû rendre ses conclusions sous quinze jours.

Des conditions acceptées par le camp Fillon, mais Jean-François Copé, fort de ses 98 voix d'avance proclamées sur François Fillon, se montrait déterminé à ne rien lâcher.

Derrière les deux prétendants pour 2017, Nicolas Sarkozy, soucieux de se ménager la possibilité de revenir sur le devant de la scène,"n'acceptera jamais qu'Alain Juppé s'empare des rênes de l'UMP", selon un proche de l'ancien chef de l'Etat.

Les Français pour un nouveau vote

Un député filloniste, Lionel Tardy, a estimé que "toutes les conditions sont réunies pour qu'il y ait une scission au sein du groupe UMP à l'Assemblée". Il a même prédit que le groupe "maintenu" avec les copéistes, seraient moins nombreux que le nouveau autour de l'ancien Premier ministre.

Christian Jacob, patron copéiste du groupe actuel, n'y croit pas et juge que ce divorce serait "absurde".

Les dégâts dans l'opinion semblent importants vis-à-vis de cette guerre très largement attribuée à des querelles de personnes plus que des divergences politiques, selon l'Ifop. 71% des Français sont favorables à refaire l'élection, pour cet institut.

>> 67% des militants UMP souhaitent un nouveau vote

Les deux rivaux y ont laissé des plumes : - 4 points de popularité pour Fillon, et surtout - 21 pour Copé.

T.B. avec AFP