BFMTV

Fillon pointe les "hésitations de Juppé à agir fort"

François Fillon lors d'un meeting à Paris, le 18 novembre 2016.

François Fillon lors d'un meeting à Paris, le 18 novembre 2016. - Bertrand Guay - AFP

Attaqué par Alain Juppé depuis sa victoire au premier tour de la primaire, François Fillon réplique. Il dénonce le programme "décalé par rapport au centre de gravité de la droite" de son adversaire.

Pour François Fillon, le pays "est plus à droite qu'il ne l'a jamais été". Depuis sa victoire au premier tour de la primaire dimanche soir, il est attaqué par Alain Juppé, qui se défend "projet contre projet". Le maire de Bordeaux lui reproche sa vision "extrêmement traditionaliste" sur la société et la "brutalité sociale" de son programme. Qu'à cela ne tienne. Après avoir dénoncé les "caricatures" dont il fait l'objet, François Fillon assume sa position très droitière.

Il va même plus loin, puisqu'il revendique son positionnement par rapport "au centre de gravité" de la droite. Voilà sa stratégie pour l'entre-deux tours toute trouvée, à l'exact opposé de celle du maire de Bordeaux, dont l'angle d'attaque est la dureté et la faisabilité du programme adverse.

Programme "décalé"

Dans une interview au Parisien publiée ce mardi, François Fillon assume donc ses positions, lui qui ne se dit pas favorable à l'avortement du fait de sa foi, même s'il ne reviendra pas sur cette loi, et qui a accueilli d'un bon oeil le soutien de Sens commun, sorte d'émanation politique de la Manif pour tous. Dimanche soir, c'est d'ailleurs dans les départements d'ancrage catholique qu'il a obtenu ses meilleurs résultats.

François Fillon estime tout simplement que ses positions trouvent leur légitimité dans la situation de la France et dans le programme de son adversaire, représentant d'une droite jugée trop molle.

"Alain Juppé a présenté un programme qui me semble décalé pas rapport au centre de gravité de la droite. Mais aussi du pays, qui est plus à droite qu'il ne l'a jamais été", explique le candidat dans les colonnes du quotidien.

"Ses critiques justifient ma candidature"

"Le scepticisme d'Alain Juppé (sur le programme de François Fillon, ndlr) révèle ses hésitations à agir fort. Ses critiques justifient ma candidature, poursuit le candidat. "Je lui réponds que si on n'accepte pas de prendre des mesures radicales, la situation du pays continuera à se dégrader", estime-t-il. 

Sur ce "centre de gravité" de la droite, François Fillon n'est pas seul. Il y situe aussi Nicolas Sarkozy, dont il a reçu le soutien pour le second tour. "Nous sommes en résonance sur le diagnostic du pays et sur le centre de gravité de la droite française qui attend de la liberté et de l'autorité", conclut-il, avant de se désolidariser de son ancien président quand il définit le "style Fillon": "Ni Sarkozy ni Hollande. Le vote Fillon, c'est un vote de vérité et de fond".

Charlie Vandekerkhove