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"Brutal", "rétrograde": Juppé cogne, Fillon répond

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- - François Fillon et Alain Juppé, le 25 janvier à BordeauxMEHDI FEDOUACH / AFP

Distancé de 16 points par François Fillon au premier tour de la primaire, Alain Juppé attaque bille en tête son adversaire, l'accusant de défendre une vision "extrêmement traditionaliste" de la société, de proposer un programme d'une "très grand brutalité économique", et d'être comptable du bilan du quinquennat Sarkozy.

En tête des intentions de vote pendant des semaines, avant un frémissement de dernière minute en faveur de François Fillon, il jouait les rassembleurs à l'approche du premier tour de la primaire à droite. Mais après la percée spectaculaire de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy dimanche, Alain Juppé cogne désormais fort sur son rival surprise du second tour. Des attaques ciblées contre la crédibilité du programme du député de Paris, pour tenter de combler son retard de 16 points.

> Une vision "extrêmement traditionaliste" sur la société

Très largement distancé (28,5% des suffrages contre plus de 44% pour François Fillon) mais ayant "décidé de continuer le combat", le maire de Bordeaux s'en est pris lundi devant ses soutiens parisiens la vision "extrêmement traditionaliste pour ne pas dire un petit peu rétrograde sur le rôle des femmes, sur la famille, sur le mariage (...)" de François Fillon. 

Il a opposé "sa plus grande ouverture d'esprit" sur le sujet. "Je dis à mes co-religionnaires catholiques que moi, je suis plus proche de la parole du Pape François que de la Manif pour tous!".

> D'une "très grand brutalité en matière économique"

Alain Juppé a en outre dénoncé un projet d'une "très grand brutalité en matière économique". "Je ne suis pas sûr que tous ceux qui ont voté François Fillon aient une connaissance exhaustive de son programme", a-t-il ajouté.

S'opposant lundi soir à son adversaire par JT de 20 heures interposés, Alain Juppé a dénoncé sur France 2 la suppression massive du nombre de fonctionnaires proposée par son concurrent. 

"Sur le plan économique, son programme est d’une très grande brutalité sociale", a-t-il expliqué. "Supprimer 500.000 emplois de fonctionnaires, porter la durée du travail dans la fonction publique dès 2017 à 39 heures, augmenter la TVA de 16 milliards d’euros, ce sont des mesures d’une grande brutalité, dont certaines sont inapplicables".

> "La reconstitution de l"équipe Fillon-Sarkozy"

Toujours sur le plateau de David Pujadas, Alain Juppé a dénoncé "la reconstitution de l'équipe Fillon-Sarkozy".

"Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est la reconstitution de l'équipe Fillon-Sarkozy qui nous a dirigés de 2007 à 2012", a-t-il mis en garde alors que l'ancien chef de l'Etat a annoncé qu'il voterait François Fillon. "Quand on reste pendant cinq ans Premier ministre d'un président de la République, c'est qu'on est totalement comptable de ce qui a été fait", a-t-il relevé. "Moi je n'ai été ministre que 18 mois et je ne me suis pas désolidarisé de ce qui a été fait", a-t-il ajouté.

Et à la question de savoir si François Fillon était un "homme neuf", Alain Juppé a lancé: "il a été député avant moi, donc ça fait trente ou quarante ans". Un peu plus tôt, devant ses soutiens parisiens réunis à son QG, l'édile avait évoqué la "reconstitution de ligue dissoute" de l'exécutif du quinquennat précédent. 

Invité au même moment sur TF1, François Fillon a regretté en retour que Juppé "caricature" son programme pour essayer de "remonter la pente" et a dit ne pas "craindre de retournement" d'ici le second tour.

> Juppé dit être "le seul à pouvoir rassembler"

Enfin, dans un entretien au Figaro, Alain Juppé a une nouvelle fois affirmé être le plus en mesure de faire barrage à l'extrême droite à la présidentielle. "L’une des premières préoccupations des électeurs dans cette primaire est de choisir celui qui sera certain d’être au second tour puis de battre le Front national", a-t-il aussi affirmé au quotidien. 

"Qui est le plus à même de battre Marine Le Pen l’année prochaine? Qui est en mesure de rassembler pour faire échec à sa candidature? Je suis le seul à pouvoir rassembler, demain, la droite et les centres pour permettre l'alternance en 2017", a-t-il affirmé. 

V.R.