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Epinglée par la Cour des comptes, Rachida Dati attaque toute seule le camp Sarkozy

Rachida Dati

Rachida Dati - LIONEL BONAVENTURE - AFP

L'ancienne ministre de la Justice, épinglée par la Cour des comptes pour des dépenses personnelles réglées par son ministère, accuse les proches de Nicolas Sarkozy de mener une "cabale" contre elle.

Victime selon elle d'une "cabale" venue de son propre camp et notamment de proches de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati en a gros sur le coeur ce jeudi. Depuis les révélations du Point sur une décision de la Cour des comptes qui épingle pour près de 9.000 euros de dépenses indues et 180.000 euros de dépenses de communication lorsqu'elle était au ministère de la Justice, on ne se bouscule pas au portillon pour prendre sa défense.

Et l'ex-Garde des Sceaux, désormais députée européen, s'en émeut sur Twitter: "Pour être défendue contre toute polémique, il vaut mieux s'appeler Christiane Taubira ou Najat Vallaud-Belkacem et être à gauche!" Rachida Dati fait ainsi référence aux ministres, Manuel Valls en tête, et aux poids lourds du PS qui sont montés au créneau mercredi pour prendre la défense de leurs consoeurs.

Ce message de Rachida Dati fait également suite à la diffusion du communiqué rédigé par son avocat et annonçant des poursuites.

Et en effet, en cherchant sur leurs comptes twitter officiels notamment, les ténors de la droite sont aux abonnés absents en ce jeudi de l'Ascension et ce alors que l'unité semblait revenue à quelques semaines du Congrès qui doit adouber "Les Républicains".

"Je suis là-dessus hyper rigoureuse"

"Toutes mes dépenses personnelles sont prises en charge par moi-même. Je suis là-dessus hyper rigoureuse. (...) Jamais le ministère de la Justice n'a pris en charge une quelconque dépense personnelle" a martelé sur BFMTV la maire du VIIe arrondissement de Paris, dénonçant une "une cabale politique".

La Cour des Comptes "ne remet pas en cause la nature des dépenses", mais "dit qu’il y a des frais concernant le ministère de la Justice - pas le ministre, pas Rachida Dati - qui n’ont pas été imputés sur la bonne ligne comptable", a-t-elle plaidé.

"Dans l'entourage de Sarkozy on me traite de 'zoubida'"

"J'en ai parlé à Nicolas Sarkozy, je sais que son entourage... Rappelez-vous en 2010, ils ont failli me faire tomber, ils n'ont pas réussi parce que la justice était de mon côté", a-t-elle souligné aussi sur iTélé. Elle était alors soupçonnée par des proches de Nicolas Sarkozy de diffuser des rumeurs sur la vie privée de l'actuel président de l'UMP.

"Je ne laisserai pas faire. S'ils veulent me qualifier, comme certains dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, de voleuse de poules, d'arabe, de beurette... Certains me traitant de 'zoubida'... Maintenant stop! Sans vous parler des attaques sexistes. Si on veut me ramener sur le fric, sur le bling-bling, ça va, mais ce n'est pas le cas".

Les 180.000 autres euros ont servi à des dépenses de communication dans le cadre de contrats passés avec la société GiacomettiPéron. Cette société est impliquée dans une enquête du pôle financier sur les dépenses de sondages et de communication sous le gouvernement Fillon. Pierre Giacometti est un conseiller proche de Nicolas Sarkozy. La maire du VIIe arrondissement a réfuté entièrement cette décision.

S.A.