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Affaires: Sarkozy persuadé que Fillon a joué un rôle

Nicolas Sarkozy et François Fillon au QG de l'UMP, rue de Vaugirard à Paris, le 2 décembre 2014.

Nicolas Sarkozy et François Fillon au QG de l'UMP, rue de Vaugirard à Paris, le 2 décembre 2014. - Lionel Bonaventure - AFP

Nicolas Sarkozy a échappé à la mise en examen mercredi dans l'affaire des pénalités de campagne prises en charge par l'UMP. Mais il reste convaincu que François Fillon est à l'origine de cette affaire.

Nicolas Sarkozy a été de nouveau convoqué, mercredi, par les juges du pôle financier, dans l'affaire des pénalités de sa campagne de 2012, prises en charge par l'UMP. Le président du parti a été placé sous le statut de "témoin assisté", et échappe donc à une mise en examen. Ses amis plaident la bonne foi. "Il n'y a pas d'intention frauduleuse de la part de Sarkozy puisque, selon deux notes de Bercy, un parti politique est en droit de régler ces pénalités", argumente un élu.

Si cette affaire vient assombrir les perspectives politiques de Nicolas Sarkozy, trois jours après la victoire de l'UMP aux élections départementales, elle révèle surtout les tensions internes entre les ténors de l'UMP. Alors que la primaire approche, le camp de Nicolas Sarkozy pointe la responsabilité du camp Fillon et l'accuse d'avoir monté cette affaire contre lui. Le président de l'UMP aurait même parlé d'un "coup monté", selon Le Parisien.

"Tout ça sera mis sur la place publique"

Lundi, lors du bureau politique de l'UMP, Jean-François Copé a demandé "puisqu'on a gagné, pourquoi changer le nom de l'UMP?" Ce à quoi Nicolas Sarkozy a répondu "mais c'est parce qu'il y a un calendrier judiciaire à gérer que tu connais bien, cher Jean-François". Un échange aigre-doux qui semblait viser François Fillon, selon plusieurs participants cités par l'AFP. 

"Il n'y a jamais eu un tel niveau de haine dans notre parti, avec des gens qui en dénoncent d'autres au pénal. Tout ça sera mis sur la place publique", a averti Nicolas Sarkozy.

Mais de quoi au juste serait responsable François Fillon? L'affaire remonte à juillet 2013. A l'époque, Philippe Blanchetier, avocat de Nicolas Sarkozy, avait justifié dans une note le paiement par l'UMP des pénalités infligées à son client. François Sureau, l'avocat de François Fillon, était parvenu fin juin 2014 à la conclusion inverse. Entretemps, Bercy avait encaissé le chèque de l'UMP.

En juin 2014, deux commissaires aux comptes du parti ont dénoncé auprès du parquet la prise en charge des pénalités du candidat par le parti. Mais là encore, les fillonnistes nient tout lien. Les faits se télescopent avec un déjeuner, le 24 juin 2014, entre ce dernier et Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Élysée. Selon Le Monde, le premier aurait demandé au second de "taper" judiciairement sur Sarkozy. L'ancien Premier ministre nie farouchement, accusant "Hollande d'être derrière ce traquenard" et "de chercher à semer la zizanie à droite".

Une affaire qui rappelle Clearstream à certains. Nicolas Sarkozy, furieux, prend les attaques personnellement et a bien l'intention de répliquer. "C'est un nid à vipère", commente un ancien ministre dans Le Parisien. D'ici à la primaire, fixée à la fin novembre 2016, l'ambiance risque d'être plus que tendue rue de Vaugirard.

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV