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Pénalités de campagne: Sarkozy placé sous le statut de témoin assisté

Nicolas Sarkozy en meeting à Nice en 2012, lors de la campagne présidentielle

Nicolas Sarkozy en meeting à Nice en 2012, lors de la campagne présidentielle - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

Le président de l'UMP était  interrogé par les juges du pôle financier à propos des pénalités de sa campagne électorale de 2012, prises en charge par l'UMP. Dans le même temps, trois de ses proches ont été placés en garde à vue dans l'affaire Bygmalion.

Journée difficile pour l’UMP. Elle a commencé par l’audition mercredi matin de Nicolas Sarkozy par les juges du pôle financier de Paris. L'ancien président a été finalement placé sous le statut de témoin assisté, a annoncé peu après 13 heures le parquet de Paris. Ce statut est intermédiaire entre celui de témoin simple et de mis en examen. L'enquête est ouverte pour abus de confiance.

Une source proche du dossier avait révélé en début de semaine que le président de l’UMP devait être interrogé dans cette affaire des pénalités qui lui avaient été infligées après l'invalidation de ses comptes de campagne lors de la présidentielle de 2012. "J'espère que Nicolas Sarkozy fera prévaloir son bon droit", a commenté Alain Juppé mercredi matin sur Europe 1.

Les pénalités de la campagne 2012

L'enquête sur les pénalités, dans laquelle est entendu l'ex-président, porte sur le paiement par l'UMP, fin octobre 2013, des sanctions infligées à Nicolas Sarkozy pour le dépassement du plafond -22,5 millions d'euros- de ses dépenses durant la campagne perdue en 2012. Le rejet des comptes avait privé l'UMP du remboursement de plus de dix millions de frais de campagne.

Mais le Conseil constitutionnel avait aussi ordonné au candidat Sarkozy la restitution à l'Etat d'une avance forfaitaire de 153.000 euros et lui avait infligé une pénalité de 363.615 euros, correspondant au dépassement constaté. Or, le fait pour l'UMP d'avoir pris en charge ces frais peut constituer un abus de confiance, car les pénalités visaient le candidat lui-même et l'argent du parti aurait ainsi été détourné à son profit. A l'époque, pour se renflouer, l'UMP, très endettée, avait lancé une grande souscription auprès de ses militants, le "Sarkothon".

Sarkozy avait remboursé l'UMP

Les juges d'instruction ont déjà mis en examen pour abus de confiance l'ex-patron de l'UMP Jean-François Copé et sa trésorière de l'époque, Catherine Vautrin. Ils ont aussi placé sous le statut de témoin assisté l'ancienne directrice des ressources du parti, Fabienne Liadze, et Me Blanchetier. C'est notamment sur la foi de l'analyse de ce juriste de l'UMP que le parti avait pris en charge les pénalités. Mais en juin 2014, cet avis avait été contesté par un autre avocat, mandaté par le trio Fillon-Juppé-Raffarin qui venait de prendre la tête de l'UMP à la place de Jean-François Copé, contraint à la démission par l'affaire Bygmalion.

Dans la foulée, les commissaires aux comptes de l'UMP avaient signalé les faits au parquet de Paris, qui avait ouvert une enquête. Début décembre, revenu à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy s'était résolu à rembourser la somme de 363.615 euros, un acte qui n'a pas arrêté le cours de l'enquête.

Une mise en examen de Nicolas Sarkozy?

Les juges ont la possibilité de mettre en examen l'ancien chef de l'Etat ou de le placer sous le statut intermédiaire de témoin assisté. Depuis qu'il a quitté l'Elysée, Nicolas Sarkozy et certains de ses proches ont déjà été inquiétés par plusieurs affaires, qui risquent de devenir des obstacles.

L'affaire Bygmalion revient d'ailleurs dans l'actualité au même moment que celle des pénalités de campagne. L'ancien directeur de campagne et actuel préfet de Lozère, Guillaume Lambert, a été placé en garde à vue avec deux autres protagonistes de l'affaire mercredi matin, Philippe Blanchetier et Philippe Briand. Les enquêteurs pensent avoir mis au jour une fraude colossale: ils ont la conviction que l'UMP a pris en charge environ 18,5 millions d'euros de frais de meetings en 2012, alors que ces dépenses auraient dû rentrer dans le budget de la campagne. 

A. K. avec AFP