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A défaut d'inventaire, l'UMP organise un débat sur les années Sarkozy

Jeudi après-midi, Nicolas Sarkozy sera au coeur des conversations au siège de l'UMP.

Jeudi après-midi, Nicolas Sarkozy sera au coeur des conversations au siège de l'UMP. - -

Certains réclamaient un inventaire sur les années Sarkozy. Ils devront se contenter d'un débat, jeudi, au siège de l'UMP.

C'est un modeste "débat" sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy qu'organise l'UMP jeudi, alors que l'ancien président pourrait bien tenter un retour.

Fillon, Raffarin, Devedijan, Wauquiez, Mariton, Pécresse... Tous ont en commun d'avoir réclamé un "inventaire" du quinquennat Sarkozy pour permettre à l'UMP de repartir d'un bon pied en évitant de commettre les mêmes erreurs que dans le passé.

Comment leur répondre sans avoir l'air d'y accorder trop d'importance, ni froisser la susceptibilité de l'ancien président toujours favori des sympathisants de droite, et dont les récentes sorties montrent au minimum une appétence aiguisée pour la politique? A l'heure où, estiment ses amis, l'UMP ferait "mieux de faire l'inventaire des erreurs des socialistes", Jean-François Copé, président de l'UMP, espère avoir trouvé la parade.

S'occuper du sujet tout en l'évacuant

Après avoir promis, en août dernier, un "débat sérieux et objectif" sur la question, il organise jeudi après-midi, au siège de son parti à Paris, une convention à la dénomination suffisamment vague pour donner l'impression de s'occuper du sujet tout en l'évacuant. "Ce n'est en rien un inventaire, au pire, c'est une évaluation, au mieux une préparation", résume d'ailleurs Geoffroy Didier, fondateur de la Droite forte, le 1er courant, sarkozyste, de l'UMP.

"Convention: l'avenir est entre vos mains", annonce un communiqué du principal parti de l'opposition. "François Hollande est au pouvoir depuis 17 mois. Sur tous les plans, l'échec est patent" mais "pour se défausser de sa responsabilité, la gauche met sans cesse en cause le bilan de l'action de Nicolas Sarkozy et de François Fillon. Il est temps de rétablir la vérité".

Plusieurs tables rondes seront organisées (compétitivité, emploi, sécurité...). A la manoeuvre, Hervé Mariton, délégué général au projet, qui lui même avait réclamé un inventaire.

Fillon, le grand absent

Si une demi-douzaine de ministres seront là (Luc Chatel, Gérard Longuet, Rachida Dati, Roger Karoutchi, Michèle Alliot-Marie), en revanche, les ténors UMP les plus ardemment en faveur de l'inventaire seront absents. En premier lieu, François Fillon, qui avait demandé qu'on "médite le passé". Toutefois, l'ancien Premier ministre, replié sur son association Force républicaine depuis son échec (une victoire volée de son point de vue) à la présidence du parti fin 2012, n'assiste jamais aux conventions de l'UMP.

Laurent Wauquiez, vice-président de l'UMP, partisan d'un inventaire de la décennie 2002-2012, au cours de laquelle la droite, au pouvoir, n'a pas su interrompre "la menace du déclin", ne sera pas là non plus. L'ancien ministre dénonce "un inventaire à la sauvette en 3 heures".

Idem pour Valérie Pécresse, qui vient d'écrire un livre Voulez-vous vraiment sortir de la crise? dans lequel elle affirme porter "un regard lucide" sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy. "300 pages" qu'elle ne se voit pas "résumer en trois minutes", dit-elle.

Jean-Pierre Raffarin, qui avait souhaité cet inventaire mais est en déplacement en Chine, a enregistré une vidéo. Même chose pour Brice Hortefeux, qui préfère réunir les membres fondateurs de son association Les amis de Nicolas Sarkozy, comme il l'a fait mardi à Paris.

A. K.