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Le Front national au pouvoir, un "poison" pour Bayrou, le "chaos" selon Cambadélis

Jean-Christophe Cambadélis estime que l'hypothèse d'un FN au pouvoir plongerait la France "dans le chaos".

Jean-Christophe Cambadélis estime que l'hypothèse d'un FN au pouvoir plongerait la France "dans le chaos". - Patrick Kovarik - AFP

Un récent sondage place Marine Le Pen en tête au premier tour de l'élection présidentielle de 2017. Un choc différemment apprécié par la classe politique. Certains s'alarment de la possibilité de voir le FN à la tête de l'Etat, tandis que d'autres relativisent la portée de cette étude.

Manuel Valls l'a affirmé dimanche, depuis l'Italie: "L'extrême droite est aux portes du pouvoir". Une phrase diversement appréciée par la classe politique, alors que Marine Le Pen a été donnée en tête du premier tour de l'élection présidentielle de 2017 dans un récent sondage.

Le FN récuse le vocabulaire de Valls

Du côté des premiers intéressés, on critique le vocabulaire utilisé par Manuel Valls. Florian Philippot, vice-président du Front National, a ainsi écrit sur son compte Twitter: "L'extrême droite pèse 0,5% des voix; en revanche les patriotes (les dirigeants et militants FN, ndlr), eux oui, sont aux portes du pouvoir M.Valls! Et vous diront 'Au revoir'..."

Florian Philippot a aussi fustigé la prise de position musclée d'Alain Juppé contre son mouvement politique: "J'aime quand Juppé et Valls disent en même temps exactement la même chose contre les patriotes du FN/RBM! UMPS un jour UMPS toujours!"

Juppé estime "le pire possible"

Alain Juppé avait, dimanche, à l'occasion du campus UMP de Nice, annoncé son souhait d'"attaquer beaucoup plus fermement que nous le faisions les idées du Front National qui sont pernicieuses pour la France". Le maire de Bordeaux a assuré qu'il ne voulait pas d'une "France barricadée": "le pire est possible", a-t-il assuré.

Bernard Debré a lui aussi appelé à lutter contre le parti de Marine Le Pen: "Je suis sur la ligne Juppé", a déclaré lundi sur RFI le député UMP de Paris. Benoist Apparu, ancien ministre UMP délégué au Logement, se veut moins alarmiste. "Je ne crois pas (que le Front national soit aux portes du pouvoir) et je ne le souhaite pas", a relativisé lundi ce proche d'Alain Juppé, interrogé sur BFMTV/RMC.

Même tonalité du côté de l'ancien ministre de l'Education nationale, Luc Chatel. Interrogé par RTL, il assure que le FN n'est pas prêt d'arriver à la tête de l'Etat, car dans le fameux sondage auquel a fait référence Manuel Valls, "le candidat UMP bat Marine Le Pen dans chaque cas de figure".

Un "poison" qui plongerait la France "dans l'abîme"

François Bayrou, le président du MoDem, a lui aussi évoqué lundi matin le parti présidé par Marine Le Pen au micro de France Info. S'agissant du FN, il estime que "beaucoup de responsables politiques" sont "comme des lapins devant les phares d'une voiture". Selon lui, le FN est un "poison" dont les idées sur l'Europe et l'euro précipiteraient la France "dans l'abîme".

Jean-Christophe Cambadélis est tout aussi critique à l'égard du Front national. Selon le premier secrétaire du Parti socialiste, l'arrivée du FN au pouvoir -pour l'heure une simple "hypothèse"- provoquerait "le chaos en France". "C'est un régime qui n'est pas national-socialiste tel qu'il existait dans les années 30, mais c'est un régime d'apartheid", a-t-il assuré lundi sur LCI et Radio Classique.

Il n'est cependant pas certain que ces critiques affecteront Marine Le Pen et la progression annoncée de son parti. Dimanche, à l'occasion de l'université d'été du Front national de la jeunesse, elle a paru certaine de sa victoire finale: "Notre progression est déjà spectaculaire, peu importe finalement le candidat que l'"UMPS" mettra face à nous. Nous gagnerons."

Maxence Kagni avec AFP