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Le Front national "aux portes du pouvoir" en France, selon Valls

Manuel Valls estime que le FN est aux portes du pouvoir en France.

Manuel Valls estime que le FN est aux portes du pouvoir en France. - Vincenzo Pinto - AFP

Manuel Valls a déclaré dimanche depuis l'Italie que le Front national de Marine Le Pen était "aux portes du pouvoir". Il a également critiqué très fortement les frondeurs socialistes.

Manuel Valls s'est exprimé dimanche depuis l'Italie, où il a rejoint le chef du gouvernement italien Matteo Renzi à la "Festa de l'Unita" à Bologne (nord de l'Italie), une rencontre destinée à afficher "l'unité" de la gauche européenne.

Il en a profité pour tenir une conférence de presse, où il a notamment abordé le rôle le récent sondage qui place Marine Le Pen en tête de l'élection présidentielle de 2017.

> Sur François Hollande: "jusqu'au bout du mandat"

Selon Manuel Valls, il y a en France une "crise de confiance" et une "crise morale". "Ces derniers jours, ce que nous avons vécu en France en était la démonstration", a déclaré Manuel Valls, qui refuse que s'y ajoute une crise "institutionnelle". François Hollande "a été élu pour cinq ans, il ira jusqu'au bout de ce mandat", a-t-il continué. 

> Sur le vote de confiance: "la majorité sera au rendez-vous"

"Il y a une majorité à l'Assemblée", a déclaré le Premier ministre, qui posera la question de confiance le 16 septembre. "Je ne doute pas une seconde que la majorité sera au rendez-vous", a continué Manuel Valls.

> Sur le Front national: "aux portes du pouvoir"

L'extrême droite est "aux portes du pouvoir" en France, a déclaré le Premier ministre. "Nous devons agir autrement. Et parler autrement. Pour être écoutés, et entendus. Nous savons quel serait le prix terrible de notre échec. En France, l'extrême droite et Marine Le Pen sont aux portes du pouvoir!", a lancé Manuel Valls.

"Et moi, comme homme de gauche, je ne pourrai jamais me résigner à cela. Car ce sont les plus faibles qui seraient les premiers à en souffrir. Et ce serait aussi un coup terrible, peut-être fatal, porté à l'Europe", a-t-il poursuivi.

> A Aubry, aux écologistes: "pas d'alternative"

Manuel Valls a été très offensif sur la question de la politique économique du gouvernement. "Il n'y a pas d'alternative", a déclaré le Premier ministre. Il a rappelé que Jean-Luc Mélenchon est crédité de "10%" dans les sondages et Cécile Duflot de "3%": "Elle est où l'alternative?", a demandé Manuel Valls.

"Nous ne faisons pas d'austérité", a déclaré le Premier ministre, qui n'a pas apprécié les critiques de Martine Aubry, la maire de Lille. "Plus d'enseignant à Lille, plus de policiers à Lille, c'est ça l'austérité?", s'est-il insurgé.

> Aux frondeurs: des "phrases mortifères"

Manuel Valls a également attaqué durement les frondeurs socialistes, qui viennent de nommer leur mouvement "Vive la gauche!". "Comment voulez-vous que les Français nous fassent confiance si nous-même nous nous divisons, si nous n'avons que des mots pour nous critiquer?", a-t-il demandé.

"Je ne vais pas me laisser impressionner, ni par le débat interne, (ni) par les demandes de dissolution ou de démission", a-t-il continué, regrettant les "petites phrases mortifères". "Vous pensez qu'aujourd'hui c'est interpeller le gouvernement en permanence quand on est un responsable socialiste qu'on a accompli son devoir? Je ne crois pas", a-t-il conclut, visiblement agacé.

> Sur Thomas Thévenoud: "un comportement inqualifiable"

Manuel Valls a regretté qu'une "boue" envahisse le "paysage politique" et a notamment parlé du cas de Thomas Thévenoud pour illustrer ses propos. Il a qualifié l'action de l'ancien secrétaire d'Etat, débarqué du gouvernement pour s'être soustrait au fisc, de "comportement inqualifiable". "Tout cela sape le moral de nos compatriotes, crée du désordre dans la vie politique", a estimé le Premier ministre.

M. K.