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La droite dénonce la "capitulation" d'Emmanuel Macron sur Notre-Dame-des-Landes

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat - ERIC FEFERBERG / POOL / AFP

Les Républicains tancent le "manque de courage" politique du chef de l'Etat après l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

"Emmanuel Macron vient de capituler en rase campagne. Les zadistes ont gagné." La pilule ne passe pas pour Bruno Retailleau. Sur son site, le sénateur vendéen déplore, comme la grande majorité de la droite, l'abandon par le gouvernement du projet aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes. "C'est un tournant pour Emmanuel Macron dont le quinquennat vient de s'abîmer dans la boue de Notre-Dame-des-Landes", juge le président du mouvement filloniste "Force républicaine".

Pour le président des Républicains Laurent Wauquiez, interrogé ce mercredi sur BFMTV et RMC, l'évacuation programmée de la ZAD "cache une capitulation" du gouvernement. 

Mépris

Aux yeux de nombreux représentants des Républicains, cette décision témoigne d'un manque de courage politique. 

"Comme l'écrivait Jules Renard, "n’écoutant que son courage qui ne lui disait rien, il se garda d’intervenir", raille, sur Twitter, le vice-président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes Brice Hortefeux. "Quel mépris du gouvernement pour 168 décisions de justice et un référendum populaire ! Où est l’autorité de l’Etamt ?"

Cette dernière interrogation semble tarauder plusieurs coreligionnaires de Brice Hortefeux. "L'abandon de Notre-Dame-des-Landes est une défaite considérable pour la décision publique", dénonce Éric Woerth. Selon Jean-Pierre Raffarin - pourtant officiellement retraité de la politique -, "l'État est blessé" par l'abandon du projet. 

Tenaille

L'exécutif se retrouve ainsi pris en tenaille sur ce dossier: sur sa droite, Les Républicains et le Front national, dont la présidente Marine Le Pen a estimé sur notre antenne que le gouvernement s'était résigné à la victoire des zadistes, multiplient les attaques sur le manque d'autorité du chef de l'Etat. Sur leur gauche, Emmanuel Macron et Édouard Philippe sont attaqués sous l'angle du "déni de démocratie".

Plusieurs élus socialistes ont ainsi manifesté leur mécontentement, dont la maire PS de Nantes Johanna Rolland. Cette dernière a dénoncé "une trahison, un déni de démocratie", qui "bafoue l'expression démocratique qui s'est exprimée le 26 juin 2016", lors d'une consultation locale. "L'Etat dit 'votre vote ne compte pas', cette décision affaiblit cet État de droit."

Louis Nadau