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"Indigne": Mélenchon répond à Macron sur les incidents du 1er mai

Jean-Luc Mélenchon juge "indignes" les déclarations d'Emmanuel Macron rejetant la responsabilité des violences du 1er-Mai sur "ceux qui proposent des manifestations ou des fêtes".

Des accusations "indignes et mensongères", s'insurge Jean-Luc Mélenchon. Le chef de file de la gauche radicale riposte ce jeudi aux déclarations du chef de l'Etat, qui reprochaient à "ceux qui ne croient à la démocratie que quand ils gagnent" d'entretenir un climat de contestation sociale, dont un épisode violent a éclaté le 1er mai lors de la manifestation parisienne.

"Les élus qui tiennent constamment un discours d’agitation, c’est leur faute", a jugé le président de la République Emmanuel Macron dans l'avion qui l'emmenait, depuis l'Australie, vers la Nouvelle-Calédonie.

"Un président ne devrait pas parler comme ça", réplique l'insoumis sur Twitter. Manière de rattacher le "nouveau monde" à l'ancien, cette référence à François Hollande perpétue le reproche d'indignité de la fonction adressé au prédécesseur d'Emmanuel Macron. 

"Nous condamnons les stratégies de violence"

"Oui, je crois qu'il (le président) me vise, mais ce n'est pas digne de sa part", a-t-il insisté ce jeudi sur BFMTV.

"Il faut bien qu'il admette l'idée que dans un pays démocratique il y a une opposition. S'opposer, c'est normal quand on ne pense pas la même chose. C'est ce qu'on fait au Parlement, dans la manifestation et ainsi de suite. Alors où est le problème? Il nous accuse et veut nous confondre avec les violents. Or nous, nous condamnons les stratégies de violence, et on s'est déjà expliqué sur le sujet, parce qu'elles ne mènent à rien (...). Mais je voudrais lui faire une petite remarque le monsieur, il n'a pas eu un seul mot quand nous-même notre rassemblement a été attaqué par les mêmes en septembre dernier, quand on luttait contre les ordonnances", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon. 

"Nous, nous respectons les formes pacifiques de la démocratie et c'est tout à fait indigne de nous accuser d'actes dont nous ne sommes pas responsables et dont nous avons été victimes", a-t-il encore souligné.

"La violence verbale est du côté de l'arrogance des maîtres"

Le 5 mai, le député de la France insoumise François Ruffin et de nombreuses personnalités de gauche défileront à Paris pour "la fête à Macron", événement pensé comme une démonstration de la "convergence des luttes". 

Interrogé sur notre antenne au sujet de l'appellation de cette manifestation, Jean-Luc Mélenchon nie tout appel à la violence: 

"Les leçons de maintien, les leçons de vocabulaire, ils se les gardent pour eux. Eux ce qu'ils aiment entendre c'est 'oui chef', 'bien maître', 'en effet patron' et tout le reste leur paraît excessif. Et bien non, ce n'est pas ça que l'on a à dire. (...) La violence verbale elle est du côté de l'arrogance des maîtres qui parlent avec un fouet dans la bouche et ils ne supportent pas qu'on leur tienne tête. Ils perdent leur temps parce que nous leur tenons tête."

Quant à l'affiche diffusée sur le site de "La fête à Macron" sur laquelle le dessin d'un jeune homme lançant des légumes est surmonté du slogan "Manif pot-au-feu", il ne faut y voir que du "second degré" explique le leader de la France insoumise:

"Oh mon Dieu! Oui là il y a une incitation très claire à lancer du persil, des poivrons, et... Mais vous n'êtes pas capables de comprendre le deuxième sens d'un dessin comme ça? Ce dessin dit, 'renoncez aux actes de violence, et adonnez-vous à quelque chose de plus cool, de plus tranquille' et c'est ça qui va se passer samedi. Nous avons des chars avec de la musique. Nous avons des caricatures qui vont être là."

De son côté, Emmanuel Macron a déjà prévenu qu'il "ne cédera rien à la confusion des luttes"

L.N.