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"Identité nationale": Macron salue "l'intuition de Sarkozy", sans reprendre la formule à son compte

Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron le 11 novembre 2017.

Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron le 11 novembre 2017. - Thibault Camus / POOL / AFP

Le président de la République a accordé une longue interview à L'Express, dans laquelle il revient notamment sur ce débat qui avait fait couler beaucoup d'encre sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Discriminations, Europe, "gaulois réfractaires"... Emmanuel Macron a accordé une longue interview à L'Express, dont la première partie a été mise en ligne ce mardi matin. Parmi les sujets balayés par le chef de l'État, l'intéressé est revenu sur le débat sur "l'identité nationale", thématique-phare de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Interrogé sur un éventuel changement de paradigme avec le projet de loi contre les séparatismes, "confortant le respect des principes de la République", Emmanuel Macron a nié tout basculement depuis la campagne de 2017, au cours de laquelle il avait notamment mis en avant la diversité sociale, religieuse et scolaire.

"Ce que vous rappelez de la campagne de 2017 a souvent été mal compris ou caricaturé: on a dit que j'étais un multiculturaliste, ce que je n'ai jamais été", a-t-il rétorqué.

"Ma matrice intellectuelle et mon parcours doivent beaucoup à Jean-Pierre Chevènement et à une pensée républicaine. Il n'y a pas 'mille odyssées' s'il n'y a pas d'aventure commune à laquelle se raccrocher. C'est l'aventure française", a poursuivi Emmanuel Macron, avant de se raccrocher à une autre figure politique, avec laquelle on lui prête des rapports cordiaux:

"Au fond, l'intuition de Nicolas Sarkozy il y a dix ans était bonne même s'il me semble que la formule 'd'identité nationale' était sujette à trop de polémiques".

Sous Nicolas Sarkozy, un ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du développement solidaire avait été créé, successivement occupé par Brice Hortefeux puis par Eric Besson, avant d'être supprimé en 2010.

"Qu'est-ce qu'être français?"

"L'interrogation à laquelle nous devons répondre est à la fois simple et difficile: qu'est-ce qu'être français?", a abondé Emmanuel Macron, estimant que le "doute s'est nourri de phénomènes qui, comme les migrations, ont créé une forme 'd'insécurité culturelle' et qui conduit à se demander ce que signifie être français".

Pour l'actuel locataire de l'Élysée, être français "c'est d'abord habiter une langue et une histoire", mettant en avant un "destin collectif". Ce sont aussi "des valeurs 'liberté, égalité, fraternité, laïcité'".

"Nous n'avons jamais eu cette approche par le sang et la République s'est ainsi structurée", a également formulé Emmanuel Macron, défendant l'approche du projet de loi contre les séparatismes pour "préserver la solidité du socle commun", tout en repoussant "une singularité univoque qui nierait les différences. Dans notre texte constitutionnel, il est écrit, on l'oublie trop souvent, que la République est plurielle", et de fustiger une déformation de "la laïcité pour en fait une sorte de religion qui s'opposerait aux autres".

En 2018, un tract édité par La République en marche (LaREM) avait prôné "une réflexion collective sur l'identité nationale". Une mention qui avait finalement été expurgée de la version finale du document, face aux remous suscités en interne.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV