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"Honteux", "mielleux": l'opposition agacée par le ton de l'interview de Macron par Delahousse

Emmanuel Macron interviewé à l'Elysée par Laurent Delahousse, dans un entretien diffusé le 17 décembre sur France 2.

Emmanuel Macron interviewé à l'Elysée par Laurent Delahousse, dans un entretien diffusé le 17 décembre sur France 2. - BFMTV

Le long entretien entre Emmanuel Macron et Laurent Delahousse diffusé dimanche soir par France 2 a suscité la colère de l'opposition, qui a vu là un "exercice complaisant" de la part du journaliste vedette de la chaîne.

Si le format de l'interview se voulait plus moderne, le fond, et le ton, n'ont pas convaincu la classe politique. Dimanche soir, France 2 diffusait une interview du président de la République Emmanuel Macron menée par le journaliste vedette de la chaîne, Laurent Delahousse. Le long entretien de 40 minutes avait été tourné mardi, au sein même des murs de l'Elysée. Particularité de cette interview: sa forme.

Loin du traditionnel entretien autour d'un bureau, mené par plusieurs journalistes, celui-ci a bousculé tous les codes, montrant les deux hommes discutant au gré de leur déambulation dans les salons du palais présidentiel. Le tout accompagné d'une lumière tamisée.

Un ton jugé trop cordial

Mais au-delà de cette mise en scène inattendue, ce sont surtout les questions posées au chef de l'Etat par Laurent Delahousse, qui ont agacé les téléspectateurs, et notamment les membres de l'opposition politique. Jugées trop cordiales et aimables, mais aussi complaisantes et dénuées de tout esprit de contradiction, ces questions ont valu au journaliste du 20H de France 2 de très nombreuses critiques sur Twitter. 

Certains ont usé de l'ironie, pour moquer le ton des questions de Laurent Delahousse. "Là, franchement, le Président est malmené, il y a de l'abus, un peu de respect quand même...", s'est ainsi moqué le sénateur socialiste David Assouline. 

Même ironie du côté du député La France insoumise Eric Coquerel, qui a souligné une "question irrévérencieuse" de Laurent Delahousse, avant de comparer l'interview à un épisode de Secret d'Histoire présenté par Stéphane Bern.

Invité à réagir au micro de BFMTV après l'entretien, Eric Coquerel a dit "s'insurger sur la forme de cette émission". "Il y a un problème dans le pluralisme politique qui est posé aujourd'hui sur France Télévisions. J'attends une réaction des journalistes de France Télévisions sur ce que l'on a vu ce soir, surtout vu la manière dont la même chaîne traite les responsables de l'opposition", a-t-il commenté. 

Le jeune député La France insoumise Adrien Quatennens a poussé l'ironie encore plus loin, postant une photo de cirage et de brosse à reluire. 

Une "honte"

D'autres n'ont pas cherché à cacher leur colère. Pour le député FN du Nord Sébastien Chenu, cette interview était "une sacrée honte", rappelant les propos du chef de l'Etat sur le service public. 

Enfin, le député La France insoumise Alexis Corbière a tenu à rappeler le traitement tout autre que France 2 avait réservé à Jean-Luc Mélenchon lors de L'Emission politique, en novembre, et que l'ancien candidat à la présidentielle avait vivement critiqué dans un long article posté sur son blog

"Quand on compare le ton furieux de L'Emission politique contre Jean-Luc Mélenchon et le ton mielleux de l'interview de Macron. On s'interroge: est-ce bien raisonnable? Est-ce digne du service public d'information?", a ainsi tweeté Alexis Corbière. 

Mais l'un des commentaires les plus cinglants est venu d'un journaliste, le correspondant à l'Elysée de l'agence Reuters, Michel Rose. "L'une des questions les plus percutantes de l'interview de Macron: 'Voici le sapin de Noël dans la cour, c'est la fin de l'année, que voulez-vous dire aux Français - n'ayez pas peur?'. Le journaliste français déférent à son pire niveau", a-t-il ainsi tweeté. Un message relayé plus de 1.500 fois.

A.S.