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Hollande-Macron, une ruptureen trois actes

François Hollande et Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoirs à l'Elysée, le 14 mai 2017.

François Hollande et Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoirs à l'Elysée, le 14 mai 2017. - Stéphane de Sakutin - AFP

En 24 heures, l'ancien chef de l'Etat François Hollande a multiplié les tacles à l'attention de son successeur à l'Elysée, Emmanuel Macron.

Le temps où François Hollande avait apporté son soutien à Emmanuel Macron dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle semble désormais bien loin. Tout comme la bienveillance à l'égard de son successeur qu'il avait affichée le jour de la passation de pouvoir.

Après s'être fait très discret dans les médias depuis son départ de l'Elysée, l'ex-président de la République a profité d'un déplacement au festival du film francophone d'Angoulême, mardi, pour sortir de sa réserve et faire son retour sur le devant de la scène politico-médiatique. En moins de 24 heures, François Hollande a multiplié les interventions auprès de la presse, en visant à chaque fois une cible bien précise: Emmanuel Macron. Entre les deux hommes, la rupture semble désormais consommée.

> Un avertissement sévère

Mardi soir, à l'ouverture du festival d'Angoulême, François Hollande a adressé, face à la presse, une vigoureuse mise en garde à Emmanuel Macron, l'appelant à ne pas "demander aux Français des sacrifices qui ne sont pas utiles" à l'approche d'une rentrée sous tension, marquée par la réforme du code du travail. "Il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons déjà fait, au risque de créer des ruptures", a ajouté l'ex-locataire de l'Elysée.

Et pour cet avertissement, François Hollande n'a pas choisi la date au hasard: ce mardi, le cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud commençait à recevoir les partenaires sociaux pour leur présenter les premiers arbitrages relatifs aux ordonnances réformant le code du travail.

François Hollande en a également profité pour défendre son bilan, et ainsi mieux accabler son remplaçant. "Les résultats sont là, ils étaient d'ailleurs apparus dans les derniers mois du quinquennat et sont d'autant plus manifestes aujourd'hui. (...) J'avais hérité d'une situation très difficile qui était celle de la crise. Mon successeur a une situation meilleure, mais tant mieux", s'est-il ainsi félicité.

> Un petit tacle bien senti

Mardi soir, au milieu de ces nombreuses déclarations, François Hollande a glissé un autre tacle à Emmanuel Macron, passé plus inaperçu. La pique était pourtant bien sentie. Alors qu'un journaliste d'Europe 1 lui faisait observer qu'il se montrait très disponible pour les médias, l'ex-chef de l'Etat a répondu: "Si je ne l’avais pas fait, on aurait dit que je ne laissais pas les journalistes travailler. Moi, je laisse les journalistes travailler".

Une référence directe à la volonté d'Emmanuel Macron de limiter les interactions avec les journalistes, comme en avait témoigné son refus de se plier à la traditionnelle interview du 14-Juillet. 

> Hollande, future épine dans le pied de Macron?

Enfin, ce mercredi soir, François Hollande a porté le coup de grâce. Dans un entretien accordé à la chaîne TV5 Monde, l'ancien président de la République affirme qu'il n'abandonnait pas la vie politique. Il a aussi assuré qu'il n'hésiterait pas à s'exprimer sur la vie politique française lorsque le besoin s'en ferait ressentir.

"Aujourd’hui, je suis dans une forme de retrait dû au fait que j’étais encore président il y a trois mois et que je ne veux pas compliquer la tâche de mon successeur. Donc je me suis astreint à une réserve, une retenue que chacun peut comprendre mais qui ne m’empêchera pas à partir d’un certain moment de dire ce que j’ai à dire sous des formes diverses, et sans jamais vouloir contrarier ou empêcher notre pays de se redresser", a ainsi assuré François Hollande. Une déclaration aux airs de nouveau message à Emmanuel Macron.

A.S.