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Le baromètre des éditorialistes: Hollande veut "savonner la planche de son successeur"

Le baromètre des éditorialistes

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L'ancien chef de l'État qui s'est exprimé publiquement mardi a vanté le bilan de son action, sans oublier de glisser un tacle à son successeur.

C'était un retour inattendu. L'ancien chef de l'État François Hollande s'est exprimé publiquement mardi à Angoulême sur son mandat et sur l'action de son successeur. L'ex-locataire de l'Élysée en a profité pour vanter son bilan, à l'origine selon lui de la bonne situation économique dont a hérité Emmanuel Macron.

L'ancien président a par ailleurs mis en garde le fondateur d'En Marche! en l'invitant à ne pas trop flexibiliser le marché du travail. Une intervention calculée qui a pour objectif de redorer son image en fragilisant, par la même occasion, l'actuel chef de l'État, selon nos deux éditorialistes Christophe Barbier et Laurent Neumann.

Christophe Barbier
Christophe Barbier © BFMTV

> Christophe Barbier: "Hollande demande à Macron de ne pas faire ce qu'il voulait faire"

"Le but de la mise en garde est de tirer la couverture à lui. De rappeler que si les résultats sont moins mauvais cette année, c’est surement grâce à la politique menée par François Hollande. On pourrait rétorquer à Hollande que cette bonne politique, qui paye en effet aujourd’hui, il aurait pu la lancer en 2012 au lieu de nous matraquer fiscalement. Cela aurait payé plus tôt et il aurait peut-être pu se représenter. Il y a aussi un autre objectif un peu moins glorieux qui est de savonner la planche de son successeur Emmanuel Macron. Quand il vient lui dire 'Ne flexibilisez pas plus le travail que nous ne l’avons fait', cela signifie 'Ne mettez pas trop dans la difficulté et dans la précarité les travailleurs', sous-entendu les électeurs de gauche. Sauf que, là aussi, on peut renvoyer François Hollande aux derniers mois de son quinquennat avec la loi El Khomri. Il était président et il a laissé passer une première mouture qui était extrêmement flexible et libérale. Il n’a dû reculer que devant la fronde parlementaire et la colère de la rue. Donc François Hollande demande à Macron de ne pas faire ce que François Hollande voulait faire au début de la première loi travail. C’est un petit peu incohérent. Mais l’incohérence n’a-t-elle pas été le point commun à à peu près toutes les actions du quinquennat Hollande? [...] Emmanuel Macron cherche ses opposants en cette rentrée. On se demande si ce sera Mélenchon, Martinez, la rue, la droite, l’Assemblée, le Sénat… Mais l’opposition sera aussi François Hollande. Une opposition douce-amère. Et dans 'douce-amère' il y a un peu de 'doux' et beaucoup 'd’amère'."

Laurent Neumann
Laurent Neumann © BFMTV

> Laurent Neumann: "C'est une opération concertée"

"C’est une opération concertée, parce qu'avant l'ancien président de la République mardi, François Rebsamen, un de ses proches, avait déjà expliqué que François Hollande aurait non seulement pu se représenter mais qu’il aurait sans doute été élu tranquillement pour un deuxième mandat, parce que les résultats auraient eu le temps d’être montrés aux Français. Les résultats arrivent maintenant. Ils facilitent la situation d’Emmanuel Macron. François Rebsamen la semaine dernière, François Hollande mardi, Stéphane Le Foll mercredi qui en rajoute une couche en soulignant que le gouvernement d’Emmanuel Macron racontait n’importe début juillet quand, grâce à un rapport de la cour des comptes, il expliquait que les économies budgétaires étaient la faute de l’ancien gouvernement. Mais la reprise est là, et le chômage baisse. C’est bien la preuve que cet argument ne tient pas. Donc oui, il y a bien une entreprise concertée des Hollandais. En regardant le calendrier, on voit qu’il y a des socialistes qui se réunissent à la Rochelle ce week-end, peut-être qu’il faut y voir une relation de cause à effet. En tout cas François Hollande, visiblement, n’a pas décidé d’arrêter la politique, loin s’en faut".

P.L